29/10/2015

Vermeer

Vermeer, boudoir discret, alcôve où se murmurent
En secret, des billets tendres, des mots d’amour,
Guitare, virginal, luth, dans le demi-jour,
Perles et bijoux fins, qu’ombragent les tentures.

 
 

 

Jeune Femme lisant une Lettre

 

Elle est debout devant la fenêtre, immobile,
Le visage effleuré par les premiers rayons ;
Le soleil du matin baise son front tranquille,
Le vent folâtre et frémit sur ses cheveux blonds.


Elle tient dans ses mains une lettre embaumée,
Qu’elle lit et relit, à la clarté du jour ;
Elle a bien reconnu la signature aimée,
Les mots tendres, les mots qui racontent l’amour !


Ô parfum de la lettre et son papier soyeux
Que l’on caresse, avec ferveur, du bout des doigts,
Ses feuillets que l’on plie et serre contre soi !


Ô la lettre reçue et ses accents joyeux,
Ses serments pleins de fièvre et d’ardeur, ses je t’aime,
Chanson douce à l’oreille et merveilleux poème !

 

 

Jean-Paul Labaisse 1996 – 2015

 

vermeer.jpg

Jeune femme lisant une lettre
Huile sur toile, 83 x 64 cm
Gemâldegalerie, Dresde

               

 

 

          La Jeune Fille à la Perle

 

 

    
     C’est une délicate et douce demoiselle.
     A son oreille luit une perle discrète ;
     Dans ses grands yeux rêveurs des clartés se reflètent.
     Elle ignore combien elle est gracile et belle...


     Un bonnet jaune et bleu enveloppe ses tresses.
     Elle tourne vers nous sa figure tranquille,
     Elle ne parle pas, elle attend, immobile. 
     On voit, dans ses yeux clairs, des lumières qui naissent…


     C’est une enfant de seize ou dix-huit ans, à peine,
     Qui découvre, en son miroir, sa beauté première ;
     Un sang bleuté, un sang fluide court dans ses veines.


     Ce sera une amante, une épouse, une mère.
     A cet instant, ce n’est qu’une très jeune fille,
     Dans la pénombre douce et dont le regard brille.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1996.           

   

 

 

jeune fille à la perle

La Jeune Fille à la Perle, ou La Jeune Fille au Turban
Huile sur toile, 45 x 41 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

          La Dentellière

 

 

 


     Elle avance les doigts dans la lumière douce,
     Et sa nuque s’incline  et sa tête se penche ;
     Elle tisse, sans bruit, de ses belles mains blanches.
     Un rai de soleil fait briller ses boucles rousses.


     Sur le carreau de bois, elle a mis des bobines,
     Des fuseaux, du fil rouge et jaune, des aiguilles,
     Et ses doigts délicats, ses mains de jeune fille
     Touchent le doux tissu, frôlent l’étoffe fine.


     De l’écheveau de lin se forment des figures,
     Des feuillages légers, des lys, des ancolies,
     Des gerbes, des bouquets, des bordures jolies.


     Au milieu des festons, des feuilles, des nervures,
     Telle une fleur de soie, telle une frêle ombelle,
     Mystérieuse, naît la fragile dentelle.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

 

dentellière

Huile sur toile, 24 x 21 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

 

 

 

          Vue de Delft

 

 

 

     C’est une ville calme et douce, au bord de l’eau,             
     Où ralentit la vie, où les gestes s’enlisent ;
     Le fleuve réfléchit des formes imprécises,
     Des murailles, des tours, des barques, des bateaux.


     On devine les ponts au-dessus des canaux,
     Les maisons et les toits se mirant dans l’eau grise ;
     S’élancent vers le ciel les flèches des églises,
     Les clochetons, le haut beffroi, les lanterneaux.


     Sur la rive, debout, des silhouettes sombres,
     Immobiles parmi les reflets et les ombres ;
     Le temps se fige, ici, rien ne vit, rien ne bouge…


     Un rayon vient percer les nuages changeants,
     Et brille sur les murs jaunes, les briques rouges,
     L’altière Nieuwe Kerk et son clocher d’argent.

 

                                             Jean-Paul Labaisse 2000.

 

 

 

 

vue de delft 2

Huile sur toile, 98 x 117 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

22:08 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

La Dentellière "Femme comme modèle de vertu" où les coffres de perles et les rubans bleus symbolisent le "conflit des sentiments, du pesage des biens (décidé par l'acte de saisir) ". La femme doit-elle céder coquettement à son amour propre ou se maîtriser ? Quand je regarde la Dentellière, La Laitière, La jeune femme à l'Aiguière, je repense souvent au Proverbe de Salomon parlant de la femme vertueuse "plus noble que les perles les plus précieuses" ... On est en l'an 1630 , bien sûr ...



Écrit par : transparente | 27/06/2006

Bravo Je suis en train de constituer un dossier où j'illustre des poèmes connus avec des tableaux connus: voilà comment je suis tombée sur votre site. Félicitations!

Écrit par : VEGA Marie | 15/04/2010

Royal ce moment passez en votre organisme, un enorme compliment et felicitation. Merci enormément pour cette lecture.

Écrit par : site paris sportif | 27/05/2014

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