25/05/2006

Bruegel

Bruegel, fête flamande, avec des cornemuses,
D’inlassables danseurs, qui viennent et qui vont,
Levant les pieds, les bras, tournant, faisant des bonds,
Des paysans pansus, qui musent et s’amusent.


La Danse de la Mariée en Plein Air


Ils dansaient, ils dansaient, les heureux paysans,
Par deux, par trois, par quatre, ouvrant des farandoles
Joyeuses, formant des rondes vives et folles,
Qui tournaient, tournoyaient, au soleil bienfaisant.


Les hommes s’élevaient du sol, jambe tendue,
Et les femmes faisaient voler leurs coiffes blanches ;
Ils sautaient, bondissaient, sur la terre battue,
Torse en avant, menton dressé, mains sur les hanches.


Celui-ci s’est tourné, pour taquiner sa mie ;
S’embrassent ces deux-là, dans les ombres amies ;
Un bonnet sur les yeux, cet autre va, vient, muse…


On mange de la soupe, on boit d’épaisses bières…
Et tous, de danser, de courir, en la clairière,
Au son des hautbois, des flûtes, des cornemuses.

                                                            Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Danse des Paysans
Huile sur bois, 114 x 164 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

 

 

 

          La Chute d’Icare


Il était monté, très haut, très loin, vers le ciel,
Vers le soleil, vers Dieu, vers les sublimes sphères ;
Il avait tournoyé, sur ses ailes légères,
Bercé par le chant de séraphins irréels.


Il est tombé, tombé, dans l’espace et le vide,
Dévalant l’air et l’éther et les nimbus blancs,
Voltigeant parmi les albatros, les milans,
Plus vif que le vent, plus leste qu’une sylphide…


Un paisible berger conduisait ses moutons ;
Penché sur l’onde, un homme attrapait les poissons ;
Dans son champ labourait un paysan placide.


Passaient des galions, des barques minuscules,
Des caravelles – Dans la mer toute splendide,
Deux jambes s’agitaient, petites, ridicules.

                                                            Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 73 x 112 cm
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

 

La Tour de Babel



Au pied de la cité s’élevait une tour
Formidable, accrochant le ciel et les nuages,
Avec des blocs, des mâts, de fiers échafaudages,
Des contreforts, des treuils, des piliers, tout autour.


Les maçons, les tailleurs de pierre, les verriers,
Allaient et venaient dans ce chantier gigantesque,
Dérisoires fourmis, laborieux carriers,
Echafaudant, sans fin, ce monument grotesque.


Et la tour monta, jusqu’aux cieux, jusqu’au soleil,
Jusqu’à Dieu même qui, sortant de son sommeil,
S’épouvanta de cet édifice incongru.


Les hommes, depuis lors, ne se comprennent plus,
Et la Tour, l’orgueilleuse Tour aux mille étages,
Penche, inachevée, au milieu du paysage.

                                                          Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 116 x 160 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

    

     Les Chasseurs dans la Neige

Des montagnes, des pics montraient leurs cimes blanches.
Des oiseaux passaient, traversant le ciel couvert.
La neige s’étalait sur le sol, sur les branches.
Il faisait froid, il faisait sec. C’était l’hiver.


Les cieux paraissaient gris, et ternes, comme obscurs.
Partout, la neige avait posé son blanc manteau.
Sur l’étang circulaient des hommes, des traîneaux,
Qui glissaient, calmement, dans le silence pur.


Les chasseurs revenaient, portant de longs bâtons.
Leurs bottes s’enfonçaient dans la neige soyeuse ;
Suivaient les chiens, trottant, reniflant chaque tronc.


Ce soir, assis devant les flammes bienheureuses,
Ils chaufferont leurs pieds glacés, puis, sur leurs sièges,
S’assoupiront, pendant que tombera la neige.

                                                           Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 117 x 162 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

11:16 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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