01/06/2006

 Pornokratès (Félicien Rops)

                 Pornokratès
          (La Femme au Cochon)

 

                                                           d'après Rops

 

     Bas, gants et chapeau noirs, rubans bleus, mousseline,
     Elle promène en laisse un aimable cochon,
     Comme un sage loulou, comme un tendre bichon…
     Elle a sur les yeux un bandeau d’étoffe fine.


     Elle va toute nue, et de si peu parée,
     Montrant son ventre et ses cuisses, ses seins parfaits,
     Telle une reine inconnue, et son seul sujet
     Est ce porc rose et dodu, à la queue dorée.


     Elle marche sans voir où ses pas la conduisent,
     Et le joli cochon la dirige à sa guise,
     Sur les chemins les plus boueux et les plus sales.


     Ainsi toujours elle ira, aveugle princesse,
     Femme, femelle, diva, putain ou déesse,
     Offrant à tous ses seins et ses fesses royales !

 

                                                      Jean-Paul Labaisse,  mai 2006.

 

Aquarelle et Pastel, 75 x 45 cm
Collection de la Communauté francaise de Belgique


à propos de Félicien Rops (1833-1898)

L'anticonformiste et l'illustrateur le plus renommé de son époque
a notamment illustré "Les Epaves" de son ami Charles Baudelaire, qui écrivait :

"A dire là-bas combien j'aime ce tant
         folâtre Monsieur Rops"

 

"Rops, cet étrange tempérament, mi-littéraire mi-artistique,
hanté par le surnaturel macabre, funèbre, démonique,
ce dilettante d'érotisme, ce gourmet du vice,
poussant la polissonnerie jusqu'au génie"
                                             Emile Verhaeren

23:43 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

De quel indéfectible sortilège disposes-tu ô terrifiante ? Pour une fois, entre la maman et la putain , nous avons le choix : diva, déesse, arrogante, impitoyable, perverse, narquoise .. mais je préfère ces vers de Baudelaire :"Etoile de mes yeux, soleil de la nature, vous mon ange et ma passion".
mais pourquoi ou sur qui, les trois Amours anciens pleurent-ils en disparaissant ?

Écrit par : Transparente | 08/06/2006

J'ai retrouvé J'ai retrouvé Transparente, sous un tableau de Rops elle s'était assise et avec Baudelaire avait devisé un peu. Voilà parfois où s'égaie l'esprit du monde. Il dit : "Quand je mordille tes cheveux, élastiques et rebelles, il me semble que je mache des souvenirs". En ce moment à Bruxelles, une rétrospective Rassenfosse... moi je ne pourrai m'y rendre, mais que tous les belges mesurent leur chance et y courrent.

Écrit par : Lucas Violin | 09/06/2006

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