25/06/2006

Rembrandt 

Rembrandt, triste hôpital tout plein de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement.

                                                          Charles Baudelaire

          La Ronde de Nuit

     Ils s’étaient rassemblés, sans hâte, sous le porche,
     Soldats, tambours-majors, sergents, arquebusiers,
     Avec leurs fusils, leurs piques, leurs boucliers ;
     Les visages brillaient, sous la clarté des torches.


     L’un charge son mousquet, l’autre brandit sa lance ;
     Plein de ferveur, l’enseigne élève le drapeau.
     Rondaches, hausse-cols, des plumes aux chapeaux…
     Quelle allure, en leurs beaux habits, que de prestance !


     Le capitaine Cocq tend le bras et s’avance ;
     A ses côtés se tient, attentif, l’ordonnance,
     Pendant que bavarde et muse la compagnie.


     Et l’officier de dire : " Allons ! ", et ils allèrent,
     Tout joyeux, défilant dans la ville fleurie,
     Escortés d’enfants, et de blondes cantinières.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Ronde de nuit

Huile sur toile, 359 x 438 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

Ronde Nuit 3D full

Etonnante Ronde de Nuit en 3D, sur la Rembrandtsplein d'Amsterdam  

 

  

La Leçon d'Anatomie du docteur Nicolas Tulp

     Tous, ils regardaient, fascinés, captivés ; tous,
     Ils s’étaient réunis, devant le corps livide
     De cet inconnu, dont la chair, déjà putride,
     Semblait rose et bleue. Ils observaient, sans dégoût,


     Sans peur, le médecin qui découpait la peau,
     Le membre, calmement ; on distinguait, sans peine,
     Les muscles, les tendons, les artères, les veines,
     Qui se mêlaient, formant de délicats réseaux.


     Le docteur Nicolas Tulp, chapeau noir, col blanc,
     Donnait, gravement, sa leçon d’anatomie,
     Montrant les vaisseaux, les tissus sanguinolents,


     Les ligaments, les chairs blêmes et amollies.
     Et chacun regardait, observait, tout ému,
     Ce corps sans vie, ce corps superbe et inconnu.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Huile sur toile, 162 x 216 cm
Mauritshuis, La Haye

          La Fiancée Juive

     Elle lui tient la main, ferme un instant les yeux ;
     Il a posé le bras sur son épaule claire.
     Dans la pénombre calme où languit la lumière,
     Ils sont Roi et Reine, ils s’aiment, les amoureux….


     Elle a mis son collier de perles, ses bijoux,
     Ses bagues, ses bracelets, ses boucles d’oreille.
     Sa robe resplendit, brille, toute vermeille ;
     Dans l’ombre douce luisent ses longs cheveux roux.


     Il porte un manteau de brocard resplendissant,
     Une cape en velours, une veste soyeuse.
     Elle soupire, il rit, dans le jour finissant.


      Tous deux, ils imaginent la noce joyeuse,
      Ils rêvent de ce long bonheur qui les attend,
     Et entendent, déjà, des cris d’enfants contents.

                        
                                                    Jean-Paul Labaisse 1997.

Fiancée juive

Huile sur toile, 121 x 166 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

 

00:34 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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