15/07/2006

Le Serment des Horaces (David)

     David, la Rome antique, et les belles Sabines
     Combattant, les seins nus, des soldats cuirassés,
     Napoléon, fougueux, sur son cheval dressé,
     Madame Récamier, yeux tendres, bouche fine.

               Le Serment des Horaces



     Ils étaient trois soldats, debout, dans le soleil,
     Casqués et cuirassés, avec des ceinturons,
     Des glaives acérés, des costumes vermeils,
     Des toges, des plumets splendides, des plastrons.


     Ils étaient debout, bras étendus, mains groupées,
     Les Horaces vaillants, les admirables frères ;
     Le père brandissait, solennel, les épées,
     Qui luisaient, miroitaient, sous la pure lumière.


     Dans l’ombre, on entendait les femmes soupirer ;
     L’une pleurait, déjà, son amant adoré,
     La deuxième, son fils, l’autre, un frère chéri.


     A leurs pieds, des bambins observaient, tous surpris,
     Ces féroces guerriers, qui n’étaient que des hommes,
     Et qui, demain, seraient la légende de Rome.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.


serment des horaces
 

     Huile sur toile, 330 x 425 cm
     Musée du Louvre, Paris

 

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Vélasquez

Vélasquez, la clarté qui se mélange à l'ombre,
Comtes et chevaliers sur leurs fiers alezans,
Des princes sérieux en habits ravissants,
L’Infante qui sourit, dans la fraîche pénombre.

 

          
         
Les Ménines

 

     Elles sont trois ou quatre accompagnant l’Infante,
     En robe grise et bleue, avec de fins volants,
     Des frises, des jupons, des nœuds roses et blancs,
     Et leurs longs cheveux font des boucles scintillantes.


     Marguerite paraît, la figure sereine,
     Tout sourire, le teint frais, les yeux qui pétillent ;
     Enfant de cinq ans à peine, petite fille,
     Elle sera, demain, Impératrice, ou Reine…


     Elle nous observe, et son regard est complice…
     On y voit de la gaieté, comme de la malice,
     Le bonheur d’un enfant en pays de cocagne.


     Dans l’ombre, un gentilhomme aux splendides habits…
     Serait ce un précepteur, un ministre, un marquis ?
     C’est le grand Vélasquez, peignant le Roy d’Espagne.

                                                             
                                                             Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

ménines
Huile sur toile, 318 x 278 cm
Museo del Prado, Madrid

 

 

         
La Reddition de Breda
        (les Lances)


     Sous les murs de Breda, campe une armée immense,
     Arquebusiers, servants, fantassins, cavaliers,
     Mousquetaires du Roy, et piquiers, par milliers,
     Levant des étendards, des pointes et des lances.


     Durant des mois, ce fut le siège de la ville,
     Aux clameurs des canons, au fracas des fusils ;
     Partout, des combattants affamés et transis,
     Et Breda qu’on enchaîne, et Breda qui vacille…


     Ils se sont rassemblés, en haut de la colline ;
     Ici, les Hollandais, figures harassées,
     Là, les Espagnols, fiers et cois, piques dressées.


     Portant les clés de la ville, un homme s’incline ;
     Spinola le relève, en étendant le bras…
-    Brille le soleil dans la brume, sur Breda.


                                                             Jean-Paul Labaisse 1998.

 

 

reddition de Breda
Huile sur toile, 307 x 367 cm
Museo del Prado, Madrid

 

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01/07/2006

Le Pélerinage à Cythère (Watteau)

               Le Pélerinage à Cythère


                                                               d'après Watteau

     Ils avaient débarqué, les barons, les comtesses,
     Les chambellans lustrés, les chevaliers ravis,
     Les marquises, les ducs, les frivoles princesses,
     Tous, en habits pimpants, tous, contents et conquis.


     Sur le gazon humide, ils s’étaient installés,
     Posant nappe et couverts, débouchant les amphores ;
     Au grand soleil, le vin avait coulé, coulé…
     La nuit descendue, ils en demandaient encore !


     Sous la lune, on alluma torches et lumières,
     Et l’on reprit, joyeux, le chemin du vaisseau,
     Qui dormait, feux éteints, immobile sur l’eau.


     On évoqua, longtemps, cette fête à Cythère,
     Son pique-nique heureux, ses douces farandoles,
     Ses singes grimés, faisant bonds et cabrioles.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile,129 x 194 cm
     Musée du Louvre, Paris

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La Gouvernante (Chardin)

               La Gouvernante


                                                             d'après Chardin


     C’est un petit garçon portant ses beaux habits,
     Bas blancs, souliers cirés, boutons à sa tunique ;
     Il se tient droit, les yeux baissés, comme indécis,
     Des livres dans les mains : grammaire, arithmétique…


     Près de lui, une femme a posé son ouvrage,
     Et brosse le chapeau verni du petit homme ;
     Elle parle, et sa voix murmure les mots sages,
     Les mots tendres : " sois gentil, travaille, bonhomme ! "


     Gisent, sur le parquet, des objets délaissés,
     Des cartes à jouer, des dessins poussiéreux,
     Une raquette, un ballon, un volant froissé.


      Derrière la porte, on entend des bruits joyeux,
      Des voix d’hommes, des cris, et le garçon s’en va,
      Très fier, tricorne au front, ses livres sous le bras.


                                                              Jean-Paul Labaisse 1997. 

 

 

      Peinture sur toile, 46 x 37 cm
      musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa

 

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Les Bergers d'Arcadie (Poussin)


     Poussin, églogue, belle et tranquille harmonie,
     Sylphides et bergers à l’ombre des cyprès,
     Pendant que frissonne et bruit un ruisseau secret
     – Le temps s’est arrêté, ici, en Arcadie…

 

         

                 Et in Arcadia ego
                (Les Bergers d'Arcadie)

 


     C’est un tombeau dormant dans l’humus et la mousse,
     Caressé par le ciel, les nuages, les arbres ;
     C’est un gris sarcophage, un mausolée de marbre,
     Où frémit le ruisseau, où geint la brise douce.


     Ici, pas de bruit, pas d’agitation vaine,
     Mais rien que la chanson du zéphyr et de l’eau ;
     Là, le calme et la paix, que dérangent, à peine,
     Des tintements lointains, des bêlements d’agneaux.


     Près du tombeau désert, des bergers parlent, causent,
     Méditant longuement sur l’homme qui repose,
     Inconnu et serein, sous le marbre et les fleurs.


     Ils peuvent lire, inscrits sur la pierre verdie,
     Cachés sous l’herbe et l’humus, les mots du bonheur,
     Les mots sages : " Ici, je suis en Arcadie ".


                                                          Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile, 85 x 121 cm
     Musée du Louvre, Paris

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