19/03/2008

La maja Nue (Goya)

             La Maja nue

                                                d'après Goya



     Elle est allongée, au plus profond des coussins,
     Un peu sur le côté, la charmante inconnue ;
     Elle montre ses bras blancs, son ventre, ses seins,
     Ses jambes en fuseau - elle est tout à fait nue.


     Sa peau semble si douce, et si doux sont ses seins...
     O grâce de son ventre, ô galbe de ses hanches !
     Et son dos charnu, et ses longues jambes blanches,
     Et ses bras frais et ronds - ô ce corps souverain !


     Son regard est tourné vers toi, ô spectateur,
     O voyeur ! Et ses yeux noirs savent ton désir,
     Et l’émoi de ton âme, et l’éveil du plaisir !


     Viens... C’est toi qu’elle attend, sans honte, sans pudeur,
     En cette chambre obscure, où rien n’est interdit...
     Viens, viens vite... Ses bras t’ouvrent le paradis...


                                                       Jean-Paul Labaisse 1996.



maya nue

     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid


maya habillée

     La Maja vêtue
     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid

23:06 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les Vieilles (Goya)

                Les Vieilles

                                                   d'après Goya

     Les vieilles, au miroir, s’admirent, se contemplent,
     En extase devant leurs faces pommadées ;
     Elles ont mis fichus et chiffons, nippes amples,
     Pendentifs, bijoux faux, toilettes démodées.


     Leurs bouches sont sans dents, leurs crânes sans cheveux,
     Elles ont un menton qui tremble, un long cou maigre,
     Une verrue au nez, de petits yeux fiévreux…
     De leurs seins flasques et gris monte une odeur aigre.


     O Vieilles ! Au lieu de scruter votre miroir,
     D’agiter vos joyaux et vos antiques rêves,
     Tournez-vous, un instant : un spectre, dans le noir,


     Vous guette, impatient, et son balai se lève…
     Vous tomberez, d’un coup, la glace explosera,
     Et personne, personne ne vous pleurera…

                                                       Jean-Paul Labaisse 1997.


Les Vieilles

     Huile sur Toile, 180 x 120 cm
     Musée de Lille

23:00 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Le Trois mai 1808 (Goya)

                Le Trois Mai 1808

                                            d'après Goya


     Ils sont cinq fantassins, sur le point de tirer,
     Debout, bien alignés, le doigt sur la gâchette,
     Le fusil épaulé, la longue baïonnette
     Prête à meurtrir, prête à percer, à déchirer.


     Il est seul, dos au mur, muet, ne pouvant fuir ;
     Cet homme désarmé sait qu’il va disparaître,
     Dans la minute, ou dans la seconde, peut-être,
     Peu importe l’instant : cet homme va mourir.


     Il est seul, ils sont cinq, au moins…il n’a pas d’armes,
     Ils ont de bons fusils, avec de bonnes balles…
     Il ne peut que prier, verser de vaines larmes.


     Cet homme va mourir, c’est chose très banale…
     Il est seul, dos au mur, et ses bras s’ouvrent grand,
     Et tirent les soldats, sans haine ou sentiment…

                                                      Jean-Paul Labaisse 1997.


3 mai 1808
    
     Huile sur toile, 266 x 345 cm
     Museo del Prado, Madrid

22:55 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'Origine du Monde (Courbet)

               Courbet, vaste salon plein de lumière et d'ombre,
               Où Tout-Paris se croise, et s’observe, et murmure,
               Corps de femme allongé en une chambre obscure,
               Et ce ventre qui s’offre, et montre son cœur sombre…


                   L'Origine du Monde



     De tous vos yeux, regardez ce beau corps offert,
     Cette femme dont on ne voit pas le visage,
     Mais rien que le ventre, et cette toison sauvage,
     Cet entrejambe nu, ce sexe découvert.


     Voyez ce pubis soyeux, ces cuisses languides,
     Cette peau que l’on imagine chaude et douce,
     Regardez, regardez cette fourrure rousse,
     Ce sexe qui entrouvre ses lèvres humides…


     C’est un peu l’enfer, c’est beaucoup de paradis,
     C’est le Grand Mystère, ô voyeur, ô séductrice,
     Et c’est l’Amour, peut-être, et c’est la Mort, aussi…


     Nous sommes venus, là, au milieu de ces cuisses,
     Paquet de chair sanglant, petite chose blonde,
     Brusquement projetée en l’Espace et le Monde !

                                            Jean-Paul Labaisse, 2000-2006.


origine du monde 2

     Huile sur toile, 46 x 55 cm
     Musée d'Orsay, Paris

     voir http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/expositions/a...
     et aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Origine_du_monde...

     A lire : "L'Origine du Monde, Histoire d'un tableau de Gustave Courbet", par Thierry Savatier, Bartillat, 2006 

     Ci-dessous le tableau peu connu d'Orlan (artiste française née en 1947),
     "L'Origine de la Guerre", peint en 1989 :

origine de la guerre


     Voir  http://telemaquetime.free.fr/Orlan.htm

22:23 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/03/2008

Marie-Madeleine (Léonard de Vinci)

                  Marie-Madeleine

                                                       d'après Léonard de Vinci

                                          
     C’est une jeune femme à la peau douce et fine ;
     Un bijou d’or et d’argent brille sur sa peau,
     Son manteau s’entrouvre et laisse voir sa poitrine…
     Sa chair est si blanche, et ses seins sont si beaux !


     Elle a le regard vague, et la tête qui penche,
     Les cheveux répandus en longues mèches rousses ;
     On devine le voile enveloppant ses hanches…
     Combien blancs sont ses seins, que sa peau paraît douce !


     Qui est cette inconnue au regard incertain ?
     Serait-ce Marie-Madeleine, ou bien Lucrèce ?
     Quelle Eve, quelle sainte, quelle pécheresse,


     Issue d’un lieu sans âge, d’un rêve sans fin ?
     Elle sourit, fille de Dieu, femme de l’Homme,
     Et nul ici ne sait comment Elle se nomme…

                                 
                                  Jean-Paul Labaisse
                                  Bruxelles, mars 2008
                                  vu à la très belle exposition Léonard de Vinci

Marie-Madeleine


     huile sur panneau, 58 x 45,5 cm
     Suisse, collection privée

21:22 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Joconde (Léonard de Vinci)

                  La Joconde


                                                        d'après Léonard de Vinci 

     Elle n’a pas de nom, pas d’histoire, pas d’âge,
     Pas de visage, rien. Elle vous sourit, ange
     D’un songe étrange, où se mêlent et se mélangent
     Rivières et rochers vagues, cieux et nuages.


     Elle sourit, tranquille, et la pâle lumière
     Enveloppe ses mains, embaume son visage.
     On aperçoit, très loin, des roches, des bocages ;
     Un brouillard inconnu entoure la rivière.


     Quelle est cette dame au si tendre et doux sourire,
     Nous regardant, sans nous voir, devant sa fenêtre ?
     Vient-elle d’Italie, ou de France, peut-être ?


     O ce rêve sans fin, ce frisson, ce délire,
     Qui nous font traverser le temps ! – Au bord du monde,
     Elle se tient, calme, et sourit, douce Joconde.


                                                 Jean-Paul Labaisse 1995.

 

joconde 2

     Huile sur bois, 77 x 53 cm,
     Musée du Louvre, Paris

joconde détail 2
    
     La Joconde (détail)



joconde détail 3

    La Joconde (détail)



joconde détail 4

    La Joconde (détail)



     Léonard de Vinci

     Tête de jeune fille échevelée
     Terre d'ombre, ambre verdi et céruse sur panneau de peuplier, 25 x 21 cm
     Pinacoteca Nationale, Parme

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La Vierge aux Rochers (Léonard de Vinci)

          La Vierge aux Rochers

                                             d'après Léonard de Vinci


     Elle se tient, paisible, en les lueurs étranges,
     Et douces, des rayons d’un soleil inconnu ;
     Cheveux blonds et bouclés, le teint rose, joufflu,
     Saint Jean s’est incliné vers Jésus, petit ange.


     A droite, le visage embaumé de lumière,
     Une femme est assise, et se tourne, très douce
     – Et les deux chérubins, allongés sur la mousse,
     Se regardent, se font des souris, sans manières.


     Des rocs, des rochers bruns montrent leurs formes rondes,
     Se découpant, lointains, dans le ciel ébloui ;
     Partout se répand la lumière blanche et blonde.


     Serait-ce le matin, le soir, l’après-midi ?
     Sommes-nous au printemps, à l’hiver, à l’été ?
     – O douceur de ce jour, en la Sainte Clarté !


                                                    Jean-Paul Labaisse, 1995.

 


vierge aux rochers Paris
 

Huile sur bois transposée sur toile, 199 x 122 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

vierge aux rochers Londres


     Huile sur bois, 189,5 x 120
     National Gallery, Londres

vierge aux rochers Suisse

Huile sur panneau, 154,5 x 122 cm
Suisse, collection privée

Vu à l'exposition Léonard de Vinci, tenue à Bruxelles en 2007-2008.
Cette troisième version n'est pas entièrement de la main de Léonard, et a été probablement peinte par un de ses élèves, vers 1495-1497. 



vierge aux rochers paris détail 3

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers paris détail 4

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers londres (détail)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)




vierge aux rochers londres (détail 2)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)

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05/03/2008

La Cène (Léonard de Vinci)


                      La Cène

                                               d'après Léonard de Vinci    
             

     Ils mangeaient gravement le repas de la Pâque,
    
Assis autour de Jésus à la longue table,
     Jude, Barthélemy, André, Philippe, Jacques,
     Pierre, tête grise, Jean, figure adorable.


     Le Christ dit ces mots : " l’un de vous me trahira. "
     Chacun de s’étonner, et chacun de gémir :
     " Serait ce moi, Seigneur ? Suis-je ce scélérat ? " 
     Ils parlent, tous ensemble, élèvent des soupirs.


     L’un dit : " ce n’est pas moi ! " L’autre proteste, jure…
     Simon pleure, Matthieu se tait, Thomas murmure…
     Celui-ci s’est levé ; celui-là joint les mains.


     Mais l’un s’est reculé, tout livide, tremblant,
     Stupéfait : c’est Judas. Jésus, en souriant,
     Lui donne à boire, et lui tend un morceau de pain.


                                                              Jean-Paul Labaisse, 1995.

la cène

     Détrempe et huile sur enduit, 460 x 880 cm
     Santa Maria delle Grazie (réfectoire, Milan)

     La Cène en 16.000.000.000 de pixels sur
    http://www.haltadefinizione.com/en/cenacolo/look.asp

La céne - Jésus

     détail (Jésus)



Marie-Madeleine + la Cène

      détail (Saint-Jean - ou Marie-Madeleine ???)



La Cène - Philippe

     détail (Philippe) 

 

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02/03/2008

Bacchus (Le Caravage)

         Bacchus

                                              d'après le Caravage

     C’est un adolescent à figure fardée,
     Lèvres molles, regard vide et comme incertain,
     Les cheveux couronnés de grappes de raisin,
     Une coupe en ses mains sales et pommadées.


     Le torse demi-nu, le corps plein de langueur,
     Il est indolemment appuyé sur le coude.
     On ignore s’il nous regarde, ou s’il nous boude,
     Le jeune homme si beau, l’inquiétant buveur !


     Entre ses doigts joufflus brille un poison vermeil,
     Qui dévore le sang et gâte le sommeil…
     Nous inviterait-il à trinquer avec lui ?


     Ne dit-il pas "venez", d’une voix douce et basse,
     Ne tend-il pas vers nous sa main aux paumes lasses,
     Nous offrant et le vin, et le rêve, et l’oubli ?

                                                               Jean-Paul Labaisse 1999.

Bacchus

Huile sur toile, 95 x 85 cm
Musée des Offices, Florence

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