14/06/2008

Oiseaux Tristes

  

"Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l'espace"

Les Enfants de Septembre,
Patrice de la Tour du Pin
    

 

         

               Oiseaux Tristes


 

     Ce sont des enfants qui dorment, tristes et doux,
     Et leurs yeux sont remplis de choses qui scintillent,
     Et leurs bras sont ouverts, ils se tournent vers vous,
     Comme de petits chiens, perdus, et sans famille.


     Ce sont des enfants qui passent, et qui s'en vont,
     Sans pleurer, sans un cri, parmi les jardins vides,
     Et ce sont des oiseaux tristes, aux cheveux blonds,
     Qui volent, doucement, près des soleils limpides.


     Ce sont des enfants morts, et leurs yeux sont éteints,
     Et leurs bras sont fermés, ils sont comme des anges
     Que l'on distingue, à l'aube, en un rêve incertain,
     Rempli de parfums doux, et de saveurs étranges.


     Ce sont des enfants qui ne savent plus dormir,
     Et qui vont, dans la nuit, sans pleurer, immobiles,
     Et ce sont des oiseaux que l'on entend gémir,
     A l'aube, doucement, dans les jardins tranquilles.


                             à la mémoire de S.
                             mai 1991
                             Jean-Paul Labaisse
    


oiseaux_ciel
                                     



 

 

21:37 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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