31/10/2015

Au Bois de la Cambre

 

Au Bois de la Cambre

 

 

C’est un bel après-midi au bois de la Cambre ;
Sur le gazon bien vert bronzent des jeunes gens,
Des filles profitant du soleil de septembre,
Des garçons torse nu, le sourire engageant.


On aperçoit des chiens qui gambadent gaiement,
Des bouts d’choux essayant de tenir sur leurs jambes,
Puis trébuchant dans l’herbe – aussitôt la maman
Console le bambin d’un bisou sur la tempe !


Dérivent sur le lac de paresseuses barques ;
 
Des canards, en famille, avancent dans l’eau grise.
Et moi, tranquillement, je me promène au parc,


Je retiens Malia qui, la truffe dans la brise,
Hume mille senteurs, renifle troncs et feuilles,
Faisant s’enfuir les vifs et gracieux écureuils.

 


Jean-Paul Labaisse, octobre 2015.

 

 

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copyright http://www.brusselspictures.com

 

 

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23:25 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/10/2015

Fabienne

 

Fabienne

 


 à la femme de ma vie…

 

 

Elle a les cheveux bruns et drus, de jolis yeux
Aux reflets verts – sont-ils marrons ou bien dorés ?
Une bouche petite et le menton carré,
Des mains à la peau douce, des poignets gracieux.


Dans le salon amoureusement décoré,
Elle a mis quantité de bibelots précieux,
Des statues, des bouddhas, des masques mystérieux,
Des éléphants en bois, des chameaux colorés.


Elle aime voyager, Europe, Asie, Afrique,
Découvrant Bangkok, Fès, la mer Adriatique,
S’égarant dans les rues d’immenses capitales…


Petit Poucet heureux, elle envoie dans le monde
Des billets charmants et joyeux, cartes postales
Qu’elle remplit de sa belle écriture ronde !

 

 

Jean-Paul Labaisse, 26 octobre 2015.

 

 

 

 

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22:31 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Dans le Ciel

 

Dans le Ciel

 
 
d’après Beams, de Paul Verlaine

 
 

Elle voulut aller sur la voûte des cieux ;
Comme le vent soufflait et montait vers les nues,
Nous suivîmes gaiement cette belle inconnue,
Et nous voilà sur les chemins vertigineux.


Le soleil luisait haut dans le ciel transparent,
Et faisait scintiller sa chevelure blonde ;
Nous avancions, joyeux, loin des hommes du monde,
Qui semblaient si petits dans l’espace si grand !


Des oiseaux étonnés volaient autour de nous,
Des avions blancs filaient au-dessus de nos têtes,
Et nous suivions toujours cette blanche comète,
Humant dans son sillage un parfum vert et doux.


Elle se retourna, montrant son beau visage,
Se demandant peut-être où se trouvaient nos ailes ?
Mais nous voyant heureux d’être au ciel avec elle,
Elle reprit sa route au milieu des nuages.

 


Jean-Paul Labaisse, septembre 2015.

 

 

 

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22:18 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Malia

 

Malia

  

 

Elle me regardait, de ses bons yeux tranquilles,

Lovée sur les coussins de son moelleux fauteuil, 
Le corps bien installé, les pattes immobiles,
Disant, à sa façon : toi, je te tiens à l’œil !


Elle inclinait vers la rue son museau gracile,
Observant, à travers les branches et les feuilles,

Les gens suivis de chiens joyeux et indociles, 
Le vol d’un étourneau, les bonds d’un écureuil.



Parfois, elle penchait sa tête rousse et blanche,
Humant l’air de sa truffe, agitant une oreille ;
Son poil semblait de cuivre et d'or dans le soleil. 


Elle tournait vers moi, en ce calme dimanche,
Ses grands yeux bruns bordés de noir, ses beaux yeux d’ambre,
Attendant sa promenade au bois de la Cambre.

  
Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

 

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22:17 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Façade

La Façade

 


Le long d’une façade où s’ouvrent les fêlures,
Des dessins dévorés de mousses ont grandi,
Fleurissement de lierre aux folles chevelures
Germant et bourgeonnant sur ce vieux mur verdi.


Ce ne furent d'abord que d’herbus graffitis,
Aujourd’hui devenus fabuleuses gravures
Amusant des gamins effrontés, divertis
Par cette efflorescence aux fragiles nervures.


Ils bâtissent châteaux et palais enchantés
Dans ces fleurs du hasard aux profils tourmentés
Offrant un peu de rêve à leurs âmes blessées.


D’un trou sombre crevant la fraîche floraison
Sort une vieille, traits fanés, lèvres plissées,
Qui tire les enfants pauvres dans leur prison.


Jean-Paul Labaisse 1980-2009.

 

lierre

 

facade

Photo prise à Dubrovnik, merci à toi Luc !

22:12 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes de Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Vermeer

Vermeer, boudoir discret, alcôve où se murmurent
En secret, des billets tendres, des mots d’amour,
Guitare, virginal, luth, dans le demi-jour,
Perles et bijoux fins, qu’ombragent les tentures.

 
 

 

Jeune Femme lisant une Lettre

 

Elle est debout devant la fenêtre, immobile,
Le visage effleuré par les premiers rayons ;
Le soleil du matin baise son front tranquille,
Le vent folâtre et frémit sur ses cheveux blonds.


Elle tient dans ses mains une lettre embaumée,
Qu’elle lit et relit, à la clarté du jour ;
Elle a bien reconnu la signature aimée,
Les mots tendres, les mots qui racontent l’amour !


Ô parfum de la lettre et son papier soyeux
Que l’on caresse, avec ferveur, du bout des doigts,
Ses feuillets que l’on plie et serre contre soi !


Ô la lettre reçue et ses accents joyeux,
Ses serments pleins de fièvre et d’ardeur, ses je t’aime,
Chanson douce à l’oreille et merveilleux poème !

 

 

Jean-Paul Labaisse 1996 – 2015

 

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Jeune femme lisant une lettre
Huile sur toile, 83 x 64 cm
Gemâldegalerie, Dresde

               

 

 

          La Jeune Fille à la Perle

 

 

    
     C’est une délicate et douce demoiselle.
     A son oreille luit une perle discrète ;
     Dans ses grands yeux rêveurs des clartés se reflètent.
     Elle ignore combien elle est gracile et belle...


     Un bonnet jaune et bleu enveloppe ses tresses.
     Elle tourne vers nous sa figure tranquille,
     Elle ne parle pas, elle attend, immobile. 
     On voit, dans ses yeux clairs, des lumières qui naissent…


     C’est une enfant de seize ou dix-huit ans, à peine,
     Qui découvre, en son miroir, sa beauté première ;
     Un sang bleuté, un sang fluide court dans ses veines.


     Ce sera une amante, une épouse, une mère.
     A cet instant, ce n’est qu’une très jeune fille,
     Dans la pénombre douce et dont le regard brille.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1996.           

   

 

 

jeune fille à la perle

La Jeune Fille à la Perle, ou La Jeune Fille au Turban
Huile sur toile, 45 x 41 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

          La Dentellière

 

 

 


     Elle avance les doigts dans la lumière douce,
     Et sa nuque s’incline  et sa tête se penche ;
     Elle tisse, sans bruit, de ses belles mains blanches.
     Un rai de soleil fait briller ses boucles rousses.


     Sur le carreau de bois, elle a mis des bobines,
     Des fuseaux, du fil rouge et jaune, des aiguilles,
     Et ses doigts délicats, ses mains de jeune fille
     Touchent le doux tissu, frôlent l’étoffe fine.


     De l’écheveau de lin se forment des figures,
     Des feuillages légers, des lys, des ancolies,
     Des gerbes, des bouquets, des bordures jolies.


     Au milieu des festons, des feuilles, des nervures,
     Telle une fleur de soie, telle une frêle ombelle,
     Mystérieuse, naît la fragile dentelle.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

 

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Huile sur toile, 24 x 21 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

 

 

 

          Vue de Delft

 

 

 

     C’est une ville calme et douce, au bord de l’eau,             
     Où ralentit la vie, où les gestes s’enlisent ;
     Le fleuve réfléchit des formes imprécises,
     Des murailles, des tours, des barques, des bateaux.


     On devine les ponts au-dessus des canaux,
     Les maisons et les toits se mirant dans l’eau grise ;
     S’élancent vers le ciel les flèches des églises,
     Les clochetons, le haut beffroi, les lanterneaux.


     Sur la rive, debout, des silhouettes sombres,
     Immobiles parmi les reflets et les ombres ;
     Le temps se fige, ici, rien ne vit, rien ne bouge…


     Un rayon vient percer les nuages changeants,
     Et brille sur les murs jaunes, les briques rouges,
     L’altière Nieuwe Kerk et son clocher d’argent.

 

                                             Jean-Paul Labaisse 2000.

 

 

 

 

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Huile sur toile, 98 x 117 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

22:08 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

La Chatte

 

La Chatte

 
 
à la mémoire de Puce

 

Elle était blanche et noire avec de grands yeux verts,
Et se tenait devant la fenêtre, immobile,
Observant calmement notre monde futile,
Les passants qui filaient, le parapluie ouvert.


La neige enveloppait doucement l’univers
D’un fin manteau fondant sur les pavés humides ;
La chatte regardait fuir ces formes livides,
Et les phares brillaient dans le froid de l’hiver.
 
 
Elle était bien au chaud derrière la fenêtre,
S’étonnant de ce triste et singulier cortège,
De ces gens qui peinaient dans la pluie et la neige…


La chatte se blottit dans les bras de son maître,
Bienheureuse, clignant ses yeux verts et limpides,
Ses grands yeux remplis d’or et de jade liquides.

 

 

Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

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22:07 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Le Messager

 Le Messager

 
   
Par un matin d’été renaissant dans le ciel,
Un oiseau, le regard tendre et mélancolique,
Blanche apparition de l’aube bucolique,
Est venu me surprendre en mon rêve éternel.


La brise ébouriffant son plumage incolore,
Il dirigeait vers moi sa tête au teint vermeil,
Et semblait me sourire en ses yeux de soleil,
Le gosier frissonnant dans le froid de l’aurore.


Messager d’un espoir dont je ne savais rien,
Il se tenait au cœur d’une pure lumière,
Caressant de rayons ma chambre de misère,
Soudainement ouverte à son souffle aérien.


Je savais qu’il venait des empires funèbres
Où il avait pu lire, en de sombres miroirs,
Le reflet de ma vie inscrit dans les cieux noirs,
Destin abandonné par les dieux aux ténèbres.


Il avait traversé les éthers ignorés,
Où des astres brillants font leurs parfaites rondes,
Tournant sans fin autour d’étoiles vagabondes,
Et baignés par l’ardeur de soleils mordorés.


Issu de la douceur de la clarté lunaire,
Il avait dû fermer les yeux dans un sommeil
Tout miroitant d’un songe au mirage vermeil,
Pour revivre au sommet de l’arbre millénaire.


Il avait chaviré sous le ciel tournoyant
Qui, chaque soir, chuchote aux plus vagues nuages,
Les douloureux décrets, les frémissants messages
De Celui qui gouverne Infini et Néant.


Peut-être savait-il la nuit inconsolée
Du renouveau de l’âme, au-delà de la mort,
Au moment où, paisible et libre de remord,
Elle part calmement vers la divine allée ?


Et sans doute était-il l’oiseau de paradis,
Poète sidéral revenu sur la terre,
Afin de murmurer le secret trinitaire
Des archanges peuplant les limbes interdits ?


Il avait embrassé la brume ensorcelée
Des royaumes défunts, où des spectres lointains
Montrent leurs fronts blafards et leurs regards éteints,
Passagers immortels du dernier mausolée.


Sa mémoire n’était que corridors princiers,
Et son sublime esprit tout peuplé de délire
Connaissait l’Inconnu, que rien ne peut traduire,
Ni les Mages nouveaux, ni les anciens Sorciers.


Je pensais qu’il voulait me conter son voyage
Dans l’espace et le temps, au cœur de l’univers,
Où vont mourir, auprès des territoires verts,
Les animaux sacrés, les hommes de courage.


Et même, je croyais qu’il me dirait enfin,
La vérité sur les choses et sur les êtres,
La clarté qui s’enfuit des célestes fenêtres,
Le visage de Dieu dans le ciel souverain.


J’ai doucement parlé à l’oiseau de mystère,
Modulant ma pensée au rythme de son cœur,
Approchant de mes mains son corps plein de vigueur,
Pour lui faire entrevoir mon âme solitaire.


Le divin messager ne m’a pas répondu,
Il a baissé ses yeux d’où s’écoulaient des larmes,
Et s’échappa léger, dans un envol de charmes,
Très loin, vers l’horizon immense et défendu. 


L’oiseau ne m’a laissé qu’une plume soyeuse,
Scintillant dans les rais d’or du soleil levant,
Et qu’un filet de brise, une haleine de vent,
Agitait faiblement dans l’aube merveilleuse.


Reviendras-tu bientôt, frère au tendre regard,
Par un matin d’été plein de douces lumières,
Interrompre mon rêve, et ouvrir mes paupières
Sur un monde plus beau, sur un ciel sans brouillard ?

  
Jean-Paul Labaisse, 1983.
corrigé en 2015.




Adieu à l'Enfance


 

Ô toi qui fus l’ami de mon enfance,
Tu disparus un jour de grand soleil ;
Tu me fis découvrir les fruits vermeils
Qui naissent dans les fleurs de l’innocence.


Je ne puis oublier la nuit limpide
Où tu m’appris le monde et ses trésors ;
Les étoiles pleuraient des larmes d’or,
Les soleils traversaient le ciel livide.


Avec toi je n’ai plus connu la peur
De l’horizon noir et de ses mystères ;
Tu m’as emporté loin de notre terre,
Me serrant contre toi et ta chaleur.


Seul, j’ai grandi sous ton ombre géante,
Sans me préoccuper de l’avenir ;
Je n’ai pas su que tu devais partir
Là-bas, vers l’horizon et ses tourmentes.


Pourtant, tu viens parfois hanter mes rêves
Sous forme d’un oiseau aux yeux brillants ;
Tu ne me dis plus rien et, en pleurant,
Tu t’enfuis, sans un bruit, vers d’autres grèves.

 

 Jean-Paul Labaisse 1983.

 

 

 

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Ignacio Pinazo Camarlench - Paloma

22:02 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes de Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |