28/09/2017

Parrain Tracteur

Parrain Tracteur

 

à mon grand-père, disparu en 1996.

 

Au début de l'été, quand je rentrais d'Afrique,
Je dormais chez Grand-père, en ces moments heureux ;
Sa ferme se cachait au bout d’un chemin creux,
Endroit calme et secret, quelque part en Belgique.


Trônant sur son tracteur, tel un roi magnifique,
Il moissonnait et moi, petit garçon chanceux,
Je rangeais les ballots en faisant de mon mieux ;
Un moineau chapardait, voleur acrobatique...


Dans les prés ruminaient des animaux magiques,
Aux flancs tachés de noir, le museau tout baveux,
Tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux,
Vaches que je trouvais ô combien sympathiques !


Quand j’entrais dans la grange, aux sombres murs de briques,
Mes frères surgissaient, poussant des cris affreux,
Me poursuivaient – le foin volait dans nos cheveux !
La clarté descendait du toit en rais obliques.


Je partais dans les bois avec Parrain Tracteur,
Observant les bourdons ivres, les libellules,
Les frais coquelicots dans leurs robes de tulles.


Nous marchions dans les champs, cueillant la moindre fleur,
Pissenlits, boutons d'or, liserons, pâquerettes ; 
Dans les blés mûrs chantaient de douces alouettes.


Grand-père allait, le front caressé par le vent,
Ses doigts longs et calleux tenant ma main d’enfant ;
Les épis frémissaient, houle blonde et tranquille.


Tes yeux se sont fermés, par un calme matin ;
Mais je te vois toujours, silhouette fragile,
Dans la lumière et l’ombre, à la fin du chemin.

 



septembre 2017.

 

  

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photo prise à Jersey, en 2010

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20:22 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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