23/10/2017

Parrain Tracteur

Parrain Tracteur

 

à mon grand-père, disparu en 1996.

 

Au début de l'été, quand je rentrais d'Afrique,
Je dormais chez Grand-père, en ces moments heureux ;
Sa ferme se cachait au bout d’un chemin creux,
Endroit calme et secret, quelque part en Belgique.


Trônant sur son tracteur, tel un roi magnifique,
Il moissonnait et moi, petit garçon chanceux,
Je rangeais les ballots en faisant de mon mieux ;
Un moineau chapardait, voleur acrobatique...


Dans les prés ruminaient des animaux magiques,
Aux flancs tachés de noir, le museau tout baveux,
Tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux,
Vaches que je trouvais ô combien sympathiques !


Quand j’entrais dans la grange, aux sombres murs de briques,
Mes frères surgissaient, poussant des cris affreux,
Me poursuivaient – le foin volait dans nos cheveux !
La clarté descendait du toit en rais obliques.


Je partais dans les bois avec Parrain Tracteur,
Observant les bourdons ivres, les libellules,
Les frais coquelicots dans leurs robes de tulles.


Nous marchions dans les champs, cueillant la moindre fleur,
Pissenlits, boutons d'or, liserons, pâquerettes ; 
Dans les blés mûrs chantaient de douces alouettes.


Grand-père allait, le front caressé par le vent,
Ses doigts longs et calleux tenant ma main d’enfant ;
Les épis frémissaient, houle blonde et tranquille.


Tes yeux se sont fermés, par un calme matin ;
Mais je te vois toujours, silhouette fragile,
Dans la lumière et l’ombre, à la fin du chemin.

 

septembre 2017.

 

 

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 Bon-Papa Alfred, ou Parrain Tracteur, photographié chez Maman.

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La ferme de "parrain Tracteur", vue d'avion.
On distingue la brasserie (en haut à gauche), la grange (à gauche),
le corps de logis (au centre), les écuries et les étables (à droite),
la porcherie (en bas, à droite)

 

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photo prise à Jersey, en 2010

 

 

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23:18 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/10/2017

Westende

Westende

 

Tous les ans, en juillet, nous allions à Westende,
Village sommeillant dans les dunes du Nord ;
On voyait les bateaux qui regagnaient le port,
Des voiliers, des cargos voguant vers la Zélande.


Derrière un coupe-vent s’installait notre bande,
Mes parents, mes cousins, mes sœurs, Parrain Victor ;
Mes frères bâtissaient un gigantesque fort !
J’observais la fumée de la malle d’Ostende.


Le soleil scintillait sur la cité flamande,
Et le sable si clair brillait, poussière d’or !
On devinait au loin la jetée de Nieuport,
Les bunkers oubliés de l’armée allemande.


La bouche barbouillée de brun, mine gourmande,
Un enfant savourait sa crêpe au Pastador ;
Sur la plage courait un jeune labrador,
Parmi les épagneuls, les bergers de Hollande.
 

Grand-père somnolait, assis dans son fauteuil ;
Un bob sur les cheveux, nous surveillant d’un œil,
Papa lisait Le Soir et La Libre Belgique.


Sous un parasol bleu se prélassait Tonton ;
Et moi, je découvrais Tintin en Amérique,
Le journal de Spirou, les gaffes de Gaston…


D’un sac, Maman sortait des biscuits, des galettes ;
Ma tante découpait un énorme gâteau,
Et chacun se battait pour le plus gros morceau !


Sur le sable mouillé s’endormaient les mouettes ;
J’avançais sur la grève et je flânais, rêvant,
Bercé par la chanson des vagues et du vent…


octobre 2017.

 

 

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Les dunes de Westende


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Véronique et Marie-Anne, à Westende

 

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Philippe et Michel... ils ont bien changé !

 

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Marie-Anne, en 1960, âgée de quelques mois...

 

 

 

 

 

 

20:05 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Petite Soeur

La petite Sœur



Elle a de grands yeux bruns et verts, le front hâlé,
Des cheveux blonds et fins, une peau toute douce…
C’est un bébé de deux ans, gentille frimousse,
Bouche qui s'ouvre un peu, bras blancs et potelés.


La petite sœur se tient dans le poulailler,
Au milieu des poussins, des dindons qui gloussent,
Portant fièrement une poule blanche et rousse,
Qu'elle serre bien fort, puis laisse s'en aller...


Voilà qu'elle sommeille, yeux clos, lèvres ouvertes,
Allongée au milieu de ses nombreux doudous,
Serrant contre son cœur sa souris rose et verte.


Je me glisse près d’elle et dépose un bisou
Dans son cou, qui sent bon le savon et le frais,
Parfum doux d'un enfant, aux composants secrets…

 

juillet 2017.

 

 

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Véronique, à Mutshatsha, vers 1964, 1965.


20:04 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |