24/05/2006

La Tempête (Giorgione)

          La Tempête

                                                 d’après Giorgione


C’est une campagne étrange, en des temps anciens,
Avec un ciel plein d’épais et pesants nuages ;
Peu de soleil, sur ce paysage incertain.
Au loin se lève le vent, et gronde l’orage…


Et ces éclairs, partout, et ce ciel obscurci,
Et ces arbres qui ploient, et ces buissons qui plient !
Est-ce la fin du jour, le début de la nuit ?
Où sommes-nous, Provence, Espagne, Vénétie ?


Il y a cette femme allaitant son enfant,
Paysanne, bohémienne, qui est-elle ?
Son regard paraît un peu triste, comme absent.


Il y a ce soldat, paisible sentinelle,
Attendant calmement que passe la tempête
Sur cette campagne abandonnée, et secrète.

                                                           Jean-Paul Labaisse 2006.

 

Huile sur toile, 82 x 73 cm,
Galleria dell'Accademia, Venise

 

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Titien

Titien ,la clarté douce de l'Italie,
D’indolentes Vénus aux longs cheveux de lin,
Dans la soie et l’or de palais vénitiens,
Silène et Pan, parmi les bacchantes hardies.

 

          Bacchus et Ariane

 

Ils viennent, ils vont, à travers bois et chemins,
Les satyres joyeux, les agiles ménades,
Soufflant dans les syrinx, frappant des tambourins,
Et l’on chante et danse, en cette agreste ballade.


On y voit Laocoon, et Silène, et Bacchus,
Et les lutins des bois, et les nymphes malignes,
Sautillant, gambadant sur la mousse et l’humus,
Demi-nus, couronnés de pampres et de vignes.


Sur le chemin paraît la princesse Ariane,
Douce comme Vénus, chaste comme Diane,
Et le vent léger flotte en sa robe et ses voiles.


Bacchus, ivre , troublé, plein d’adoration,
Prend sa couronne, et la jette vers les étoiles,
Très haut, faisant jaillir les constellations !

                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

Huile sur toile, 172 x 188 cm
National gallery, Londres

 

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Raphaël

Raphaël, frais dessins, fresques, tapisseries,
Habiles trompe-l’œil où s’entrouvre le ciel,
Madones, chérubins doux, anges irréels,
Qui paraissent dormir, au milieu des soieries.

 

          L'Ecole d'Athènes

 

Sur les marches du temple, ils parlent, gravement,
Philosophes, géographes, musiciens,
Astronomes, docteurs, mathématiciens,
Les sages citoyens, les Athéniens savants.


Tous, ils parlent, tous, ils pensent, tous, ils débattent,
Ptolémée, Zoroastre, Euclide, Anacréon,
Le fameux Pythagore, Alexandre et Socrate,
Aristote, tel un dieu, l’immense Platon...


Le coude sur le marbre, yeux fermés, barbe blonde,
Un homme dort, perdu dans ses songes secrets ;
C’est Héraclite, qui fait et défait le monde.


Couché contre le sol, déguenillé, sans gêne,
Un étrange vieillard ne pense pas, se tait,
Indifférent à tout ce bruit : c’est Diogène.

                                                          Jean-Paul Labaisse 1997.

 

Fresque, largeur 7,72 m
Stanza si Raffaello, Vatican, Rome

 

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22/05/2006

Michel-Ange

"Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts."


                                        Charles Baudelaire

 

 

               La Sibylle de Delphes

 

     Elle porte une robe à l'étoffe moirée,
     Une cape de soie aux reflets somptueux,
     Enveloppant son corps d'un drapé luxueux ;
     Un rayon fait briller sa blouse diaprée.


     Près d’elle, des bambins montrent leurs fesses roses.
     Elle tient entre ses mains le parchemin fameux,
     Le livre mémorable écrit du doigt de Dieu ;
     On dirait qu’elle attend quelqu’un ou quelque chose…


     Elle tourne la tête et son bras se soulève ;
     Sa lèvre bouge un peu, voudrait-elle parler ?
     Le regard semble ailleurs, le front paraît troublé…


     Serait ce une pythie, une déesse, un rêve ?
     Elle énonce l’Oracle et déchiffre l’Augure,
     Disant la vie ou la mort de sa bouche pure.

                                                            Jean-Paul Labaisse 1999.

 

michelange_sibyllededelphes

Fresque, 350 x 380 cm
Chapelle Sixtine, Vatican, Rome

 

 

 

               La Création d'Adam

 

     Allongé sur la mousse, Adam faisait un somme.
     Il était faible encore, œil vague, gestes lents,
     L'esprit vide, les mains et les bras indolents ;
     Il ne rêvait ni ne pensait, le premier homme…


     Adam dormait, plongé dans la catalepsie,
     Et ce froid du néant qui ressemble à la mort ;
     Il frissonnait un peu, il soulevait son corps,
     Se tournant mollement sur sa couche transie.


     Mais Dieu, penché sur sa créature fragile,
     Pensait avec fierté : " j'ai fait cela, en somme.
     Hier, de la glaise informe ; aujourd’hui, chair gracile ! "


     Le doigt de Dieu toucha soudain le doigt de l’homme,
     Son souffle emplit son cœur, son Œil frappa ses yeux,
     Qui s’ouvrirent, enfin, sous le soleil radieux.

                                                           Jean-Paul Labaisse 1997.

 

Fresque, 280 x 570 cm
Chapelle Sixtine, Vatican, Rome

 

               David

 

     C'est un jeune homme au corps mince et musclé,
     Qui se tient debout, la main sur la cuisse,
     Traits fermes, regard fier, cheveux bouclés.
     Son torse est large et sa peau douce et lisse...


     Debout, il s’appuie sur la jambe droite,
     Et sa main tient une fronde légère ;
     Front plissé, serrant ses lèvres étroites,
     Il tourne son cou puissant, œil sévère.


     Il attend, debout, corps souple et tranquille,
     Ne parlant pas, le regard immobile,
     Tenant toujours la fronde meurtrière.


     Il est debout, appuyé sur la jambe ;
     Dans ses yeux, ses grands yeux pleins de colère,
     On voit un feu qui couve et brille et flambe !

                                                           Jean-Paul Labaisse 2006.

 

Marbre, hauteur 434 cm
Galleria dell'Accademia, Florence

 

David, détail

 

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Les Noces de Cana (Véronèse)

               Véronèse, plafonds et lambris précieux,
               Les palais de Venise échappés dans la brume,
               Une foule immense aux incroyables costumes,
              Toges, burnous, turbans, draps vermeils, brocarts bleus.

       

                          Les Noces de Cana


 

     Ils étaient assis, joyeux, à la grande table,
     Les vizirs, les marchands, les riches échevins,
     Les ambassadeurs, le Doge, les connétables.
     Tous, ils mangeaient, parlaient ; tous, ils buvaient du vin.


     Surplis bleus, turbans d’or, robes multicolores,
     Habits chic et pimpants, soie, velours, lin, coton…
     Passaient d’énormes plats, de luisantes amphores,
     Pendant que s’affairaient cuistots et marmitons.


     On entendait gémir les luths, les violes lasses,
     Les sacqueboutes, les cornets, les contrebasses ;
     Des flûtes s’évaporait l’haleine des anges…


     Au milieu des prélats, des princes, des seigneurs,
     Un homme se tient, droit et calme; il boit, il mange,
     Et personne ne voit cet étrange dîneur.

                                                               Jean-Paul Labaisse 2000.

Huile sur toile, 677 x 994 cm
Musée du Louvre, Paris 

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