10/08/2009

Le Songe d'une Nuit d'Eté (Shakespeare)

     Le Songe d’une Nuit d’Eté

 

« Ombres que nous sommes, si nous avons déplu,
Figurez-vous seulement (et tout sera réparé)
Que vous n’avez fait qu’un somme,
Pendant que ces visions vous apparaissaient.
Ce thème faible et vain,
Qui ne contient pas plus qu’un songe,
Gentils spectateurs, ne le condamnez pas… »

                                     Shakespeare

 

 

Au bois ils sont venus, graciles, les fairies,
Le puissant Obéron, la frêle Titania,
Puck, le fragile et fol acrobate, Helena,
Lysandre, qui frémit, qui ronfle, en la prairie.


Et tous de s’étourdir, et de se disputer,
De se battre, gaiement, de fuir et se poursuivre
Sous les clartés de lune – on dirait qu’ils sont ivres,
Qu’ils semblent fous, ô les amoureux de l’été !


Titania s'allonge et s'endort dans la clairière,
Le visage baigné d’une douce lumière ;
Un merle amoureux, très loin, siffle et fait ses trilles.


Elle dort en son lit d’herbes et de jonquilles,
Pendant que les lutins, les elfes, les sylphides,
Vont et viennent, voltigent, dans l’aube limpide.




                                            Jean-Paul Labaisse 1993 – 2009.

 

Songe d'une nuit d'été

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12/07/2009

Notre-Dame de Paris (Hugo)

Notre-Dame de Paris





« Elle dansait ainsi, au bourdonnement du tambour de basque que ses bras ronds et purs élevaient au-dessus de sa tête, mince, frêle et vive comme une guêpe, avec son corsage d'or sans pli, sa robe bariolée qui se gonflait, avec ses épaules nues, ses jambes fines que sa jupe découvrait par moments, ses cheveux noirs, ses yeux de flamme… »

Victor Hugo

 

Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…


Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles...
Plus loin, c'était Montmartre et ses charmants coteaux.


Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.


Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

 

Jean-Paul Labaisse, juillet 2009.
merci à Fabienne.

 

 

chimère

 

 

garg

 

gargouilles5

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06/07/2009

Don Quichotte (Cervantès et Picasso)

          Don Quichotte



« Là-dessus ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a en cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer :' La fortune conduit nos affaires mieux que nous n'eussions su désirer, car voilà, ami Sancho Pança, où se découvrent trente ou quelque peu plus de démesurés géants, avec lesquels je pense avoir combat et leur ôter la vie à tous… »


Miguel de Cervantès

 

Don Quichotte et Sancho, par un joli matin,
Partirent délivrer la veuve et l’orphelin,
L’un sur son vieux cheval, le second sur son âne,
Traversant les sierras où les éperviers planent.


Ils chargèrent tous deux d'invincibles géants,
Aux bras monstrueux – C'étaient des moulins à vent !
Face à des malandrins, ce fut grande bataille
– On trouva vingt moutons qui perdaient leurs entrailles…


Don Quichotte voyait partout des chevaliers,
De nobles châtelains, des mages, par milliers ;
Sancho, lui, distinguait bergers et paysans…


Et le vieil hidalgo, dans la nuit parfumée,
Rêvait qu’il emportait, sur son fier alezan,
Dulcinée du Toboso, dame tant aimée…



Jean-Paul Labaisse, juin 2009.
(merci à Fabienne)

 

 

don-quichotte

Lithographie, 65 x 50 cm

 

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26/06/2009

Aïda (Verdi)

             Aïda


d'après Verdi

                                       

Sous le temple d'Isis, loin de toute lumière,
Radamès est couché, les yeux perdus dans l'ombre.
Quel silence, quel calme, en la douce pénombre !
Rien ne trouble la paix de ce tombeau de pierre.


Allongé dans la nuit, Radamès se souvient...
Les combats glorieux, les oriflammes d'or,
Les tambours, les buccins, les trompettes, les cors,
Le triomphe, au soleil, sur un charroi d'airain !


Auprès de Radamès, une forme gracile
Respire faiblement, et son souffle fragile
Parfume le tombeau comme un baiser de brise.


Dans la prison de roche, en la nuit la plus grise,
Le prince Radamès voit briller, sous un voile,
Les yeux sombres d'Aïda, lumineuses étoiles.

 

                                                   Jean-Paul Labaisse 1991.

 

 

aida 2

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21/06/2009

La Traviata (Verdi)

Un temple où la divine et folle comédie
De la vie avec faste et fracas retentit,
Parmi les courtisans et les bouffons : Verdi,
La passion, la mort, la noble tragédie.

 

                La Traviata

                                        

     C'est une courtisane, aux amours éphémères
     Et multiples; dans son salon, elle reçoit
     Des étudiants joyeux, de vifs quinquagénaires,
     Des barons, des médecins, des hommes de loi.

     Il en est un plus jeune, et moins bête, et plus beau
     Que ses soupirants d'un jour : cet ange s'appelle
     Alfredo, il a des mains de femme, une peau
     Blanche et fragile, une bouche aux lèvres charnelles. 
  

     Brusquement, Alfredo la quitte ; il fuit la ville,
     L'abandonnant à sa vie frivole et facile...
     Elle pleure longtemps l'amant indélicat.


     Dans sa poitrine frêle, une douleur grandit,
     Et lui mord le cœur, pendant que s’épanouit
     L’odeur douce, l’odeur fade des camélias.

 

                                                   Jean-Paul Labaisse 1991-2009.

 

la traviata 3

 

la traviata 2

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15/06/2009

Don Juan (Mozart)

               Don Juan

                                            d'après Mozart


     Don Juan, dans les enfers, soupire et se souvient.
     Elvire est morte, depuis longtemps... Sur sa pierre,
     Ni couronnes, ni fleurs; aucun homme ne vient
     Méditer sur sa tombe, en le froid cimetière.


     Au château, on entend rire et chanter : demain,
     Anne se mariera... Dans sa robe, elle est fière,
     Elle est belle ! A l'église, elle pleure, et ses mains
     Se joignent, et partout, Dieu répand sa lumière !


     Comme il fait sombre ! En leurs tombes abandonnées,
     Les morts remuent doucement leurs mains décharnées...
     Ils gémissent, un peu, dans leur morne sommeil.


     Là-bas, une statue a bougé... Elle lève
     La tête, comme dans le plus étrange rêve...
     Don Juan rit ! Il fait chaud, il fait bon, au soleil !
    

 

                                                      Jean-Paul Labaisse 1991

 

 

Don Giovanni 2

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14/06/2009

Cosi fan Tutte (Mozart)

                Cosi Fan Tutte

                                            d'après Mozart


     C'est une fête un peu triste, à la fin du jour,
     Avec des rires doux, des cris, dans le ramures,
     Et des soupirants las, dont les secrets murmures
     Sont comme les échos du plus tragique amour.


     La lune paraît, blanche, et d'étranges visages
     Sortent de l'ombre, avec des masques indistincts,
     Aux traits figés, aux fronts blêmes, aux yeux éteints,
     Et des pleurs cachés, sous le pâle maquillage.


     C'est un rêve qui se termine et qui se brise,
     Comme ces amours qui se font et se défont,
     Au fil de l'eau, flocons de neige que la bise


     Emporte à l'horizon, écume ensevelie...
     Ce sont des enfants qui pleurent, et qui s'en vont,
     Dans les ombres de la nuit : la fête est finie.     

 

                                                      Jean-Paul Labaisse 1991

 

cosi fan tutte 3

 

cosi fan tutte 2

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Les Noces de Figaro (Mozart)

Mozart, théâtre plein de folie et d'ardeur,
Chérubins ingénus, bergères et comtesses,
Un cimetière où, parmi les tombes, se dresse
La statue noire et terrible du Commandeur.

 

 

                Les Noces de Figaro

                                        

     Aux noces, ils étaient venus, les uns marchant,
     Les autres sur des chars couverts de fleurs soyeuses,
     Et tous ces gens formaient une bande joyeuse,
     Et folle, par-delà les chemins et les champs.


     Tous, ils étaient venus, le comte, la comtesse,
     Le jardinier au bras de Marceline, en pleurs,
     Et Chérubin portait un chapeau de couleurs,
     Et Barberine avait des rubans dans ses tresses.


     Tels des enfants heureux, ils allaient, indociles,
     Traversant bois et prés, au milieu des troupeaux
     Surpris de ce cortège aux brillants oripeaux.


     Ils filaient ainsi, vifs et fous, vifs et fébriles,
     Et quand tomba le soir, on vit, dans l'ombre brune,
     Suzanne et Figaro, qui rêvaient sous la lune.  
    

 

                                                    Jean-Paul Labaisse 1991-2009.
                                                    Merci à Fabienne.


Noce de Figaro1
                                                     

 

 

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14/06/2008

Oiseaux Tristes

  

"Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l'espace"

Les Enfants de Septembre,
Patrice de la Tour du Pin
    

 

         

               Oiseaux Tristes


 

     Ce sont des enfants qui dorment, tristes et doux,
     Et leurs yeux sont remplis de choses qui scintillent,
     Et leurs bras sont ouverts, ils se tournent vers vous,
     Comme de petits chiens, perdus, et sans famille.


     Ce sont des enfants qui passent, et qui s'en vont,
     Sans pleurer, sans un cri, parmi les jardins vides,
     Et ce sont des oiseaux tristes, aux cheveux blonds,
     Qui volent, doucement, près des soleils limpides.


     Ce sont des enfants morts, et leurs yeux sont éteints,
     Et leurs bras sont fermés, ils sont comme des anges
     Que l'on distingue, à l'aube, en un rêve incertain,
     Rempli de parfums doux, et de saveurs étranges.


     Ce sont des enfants qui ne savent plus dormir,
     Et qui vont, dans la nuit, sans pleurer, immobiles,
     Et ce sont des oiseaux que l'on entend gémir,
     A l'aube, doucement, dans les jardins tranquilles.


                             à la mémoire de S.
                             mai 1991
                             Jean-Paul Labaisse
    


oiseaux_ciel
                                     



 

 

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09/04/2008

Le Déjeuner des Canotiers (Renoir)

           Le Déjeuner des Canotiers


                                                             d'après Renoir




     Ils avaient bien mangé, bien bu, tout le midi.
     Sur la table traînaient des verres, des bouteilles,
     Des couverts délaissés, un plat, avec des fruits,
     Poires mûres, raisins dorés, pommes vermeilles.


     Les femmes bavardaient, badinaient, l'oeil rieur,
     De grands chapeaux de paille inclinés sur la tête ;
     Barbe rousse et regard pensif, en débardeur,
     Un gaillard contemplait les blanches goélettes.


     Ils conversent de tout, de rien, de mille choses
     Puériles, qui font le bonheur de la vie ;
     Les hommes sont contents, les femmes alanguies.


     Sous la lumière blonde et tranquille, des roses
     Dans son chapeau à rubans, une jeune fille
     Serre un petit chien, qui se dresse, qui frétille.


                                            Jean-Paul Labaisse, novembre 1995.




le déjeuner des canotiers

Huile sur toile, 130 x 173 cm
collection Duncan Philipps, Washington
 

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05/04/2008

Le Moulin de la Galette (Renoir)

                   Renoir, des enfants blonds et fins, cheveux brillant 
                   Sous le soleil soyeux, de douces demoiselles
                   Se balançant à l’ombre exquise des tonnelles
                   Où frémissent les fleurs, les jasmins chatoyants



          Le Moulin de la Galette



     Ils étaient venus au Moulin de la Galette,
     Joyeux, contents, avec leurs belles cavalières,
     Qu’ils faisaient tourner, tourner, vives et légères,
     Entre les tables où musaient les midinettes.


     Levant leurs canotiers, lissant leurs barbes fines,
     Camelots et dandys entreprenaient les filles,
     Et se penchaient, disant des choses bien gentilles ;
     On servait de l’anis, des bocks, des grenadines.


     Et tournent les danseurs, sous les douces ramures,
     Et valsent les filles, en leurs robes à franges,
     Volants roses et bleus, vaporeuses guipures.


     Les parfums, dans le soir, s’exhalent, se mélangent,
     Et montent calmement vers les branches soyeuses,
     Que balance et caresse une brise amoureuse.

                                                Jean-Paul Labaisse, novembre 1995.



moulin de la galette

     Huile sur toile, 131 x 175 cm
     Musée d'Orsay, Paris





 

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19/03/2008

La maja Nue (Goya)

             La Maja nue

                                                d'après Goya



     Elle est allongée, au plus profond des coussins,
     Un peu sur le côté, la charmante inconnue ;
     Elle montre ses bras blancs, son ventre, ses seins,
     Ses jambes en fuseau - elle est tout à fait nue.


     Sa peau semble si douce, et si doux sont ses seins...
     O grâce de son ventre, ô galbe de ses hanches !
     Et son dos charnu, et ses longues jambes blanches,
     Et ses bras frais et ronds - ô ce corps souverain !


     Son regard est tourné vers toi, ô spectateur,
     O voyeur ! Et ses yeux noirs savent ton désir,
     Et l’émoi de ton âme, et l’éveil du plaisir !


     Viens... C’est toi qu’elle attend, sans honte, sans pudeur,
     En cette chambre obscure, où rien n’est interdit...
     Viens, viens vite... Ses bras t’ouvrent le paradis...


                                                       Jean-Paul Labaisse 1996.



maya nue

     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid


maya habillée

     La Maja vêtue
     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid

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Les Vieilles (Goya)

                Les Vieilles

                                                   d'après Goya

     Les vieilles, au miroir, s’admirent, se contemplent,
     En extase devant leurs faces pommadées ;
     Elles ont mis fichus et chiffons, nippes amples,
     Pendentifs, bijoux faux, toilettes démodées.


     Leurs bouches sont sans dents, leurs crânes sans cheveux,
     Elles ont un menton qui tremble, un long cou maigre,
     Une verrue au nez, de petits yeux fiévreux…
     De leurs seins flasques et gris monte une odeur aigre.


     O Vieilles ! Au lieu de scruter votre miroir,
     D’agiter vos joyaux et vos antiques rêves,
     Tournez-vous, un instant : un spectre, dans le noir,


     Vous guette, impatient, et son balai se lève…
     Vous tomberez, d’un coup, la glace explosera,
     Et personne, personne ne vous pleurera…

                                                       Jean-Paul Labaisse 1997.


Les Vieilles

     Huile sur Toile, 180 x 120 cm
     Musée de Lille

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Le Trois mai 1808 (Goya)

                Le Trois Mai 1808

                                            d'après Goya


     Ils sont cinq fantassins, sur le point de tirer,
     Debout, bien alignés, le doigt sur la gâchette,
     Le fusil épaulé, la longue baïonnette
     Prête à meurtrir, prête à percer, à déchirer.


     Il est seul, dos au mur, muet, ne pouvant fuir ;
     Cet homme désarmé sait qu’il va disparaître,
     Dans la minute, ou dans la seconde, peut-être,
     Peu importe l’instant : cet homme va mourir.


     Il est seul, ils sont cinq, au moins…il n’a pas d’armes,
     Ils ont de bons fusils, avec de bonnes balles…
     Il ne peut que prier, verser de vaines larmes.


     Cet homme va mourir, c’est chose très banale…
     Il est seul, dos au mur, et ses bras s’ouvrent grand,
     Et tirent les soldats, sans haine ou sentiment…

                                                      Jean-Paul Labaisse 1997.


3 mai 1808
    
     Huile sur toile, 266 x 345 cm
     Museo del Prado, Madrid

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L'Origine du Monde (Courbet)

               Courbet, vaste salon plein de lumière et d'ombre,
               Où Tout-Paris se croise, et s’observe, et murmure,
               Corps de femme allongé en une chambre obscure,
               Et ce ventre qui s’offre, et montre son cœur sombre…


                   L'Origine du Monde



     De tous vos yeux, regardez ce beau corps offert,
     Cette femme dont on ne voit pas le visage,
     Mais rien que le ventre, et cette toison sauvage,
     Cet entrejambe nu, ce sexe découvert.


     Voyez ce pubis soyeux, ces cuisses languides,
     Cette peau que l’on imagine chaude et douce,
     Regardez, regardez cette fourrure rousse,
     Ce sexe qui entrouvre ses lèvres humides…


     C’est un peu l’enfer, c’est beaucoup de paradis,
     C’est le Grand Mystère, ô voyeur, ô séductrice,
     Et c’est l’Amour, peut-être, et c’est la Mort, aussi…


     Nous sommes venus, là, au milieu de ces cuisses,
     Paquet de chair sanglant, petite chose blonde,
     Brusquement projetée en l’Espace et le Monde !

                                            Jean-Paul Labaisse, 2000-2006.


origine du monde 2

     Huile sur toile, 46 x 55 cm
     Musée d'Orsay, Paris

     voir http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/expositions/a...
     et aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Origine_du_monde...

     A lire : "L'Origine du Monde, Histoire d'un tableau de Gustave Courbet", par Thierry Savatier, Bartillat, 2006 

     Ci-dessous le tableau peu connu d'Orlan (artiste française née en 1947),
     "L'Origine de la Guerre", peint en 1989 :

origine de la guerre


     Voir  http://telemaquetime.free.fr/Orlan.htm

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14/03/2008

Marie-Madeleine (Léonard de Vinci)

                  Marie-Madeleine

                                                       d'après Léonard de Vinci

                                          
     C’est une jeune femme à la peau douce et fine ;
     Un bijou d’or et d’argent brille sur sa peau,
     Son manteau s’entrouvre et laisse voir sa poitrine…
     Sa chair est si blanche, et ses seins sont si beaux !


     Elle a le regard vague, et la tête qui penche,
     Les cheveux répandus en longues mèches rousses ;
     On devine le voile enveloppant ses hanches…
     Combien blancs sont ses seins, que sa peau paraît douce !


     Qui est cette inconnue au regard incertain ?
     Serait-ce Marie-Madeleine, ou bien Lucrèce ?
     Quelle Eve, quelle sainte, quelle pécheresse,


     Issue d’un lieu sans âge, d’un rêve sans fin ?
     Elle sourit, fille de Dieu, femme de l’Homme,
     Et nul ici ne sait comment Elle se nomme…

                                 
                                  Jean-Paul Labaisse
                                  Bruxelles, mars 2008
                                  vu à la très belle exposition Léonard de Vinci

Marie-Madeleine


     huile sur panneau, 58 x 45,5 cm
     Suisse, collection privée

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La Joconde (Léonard de Vinci)

                  La Joconde


                                                        d'après Léonard de Vinci 

     Elle n’a pas de nom, pas d’histoire, pas d’âge,
     Pas de visage, rien. Elle vous sourit, ange
     D’un songe étrange, où se mêlent et se mélangent
     Rivières et rochers vagues, cieux et nuages.


     Elle sourit, tranquille, et la pâle lumière
     Enveloppe ses mains, embaume son visage.
     On aperçoit, très loin, des roches, des bocages ;
     Un brouillard inconnu entoure la rivière.


     Quelle est cette dame au si tendre et doux sourire,
     Nous regardant, sans nous voir, devant sa fenêtre ?
     Vient-elle d’Italie, ou de France, peut-être ?


     O ce rêve sans fin, ce frisson, ce délire,
     Qui nous font traverser le temps ! – Au bord du monde,
     Elle se tient, calme, et sourit, douce Joconde.


                                                 Jean-Paul Labaisse 1995.

 

joconde 2

     Huile sur bois, 77 x 53 cm,
     Musée du Louvre, Paris

joconde détail 2
    
     La Joconde (détail)



joconde détail 3

    La Joconde (détail)



joconde détail 4

    La Joconde (détail)



     Léonard de Vinci

     Tête de jeune fille échevelée
     Terre d'ombre, ambre verdi et céruse sur panneau de peuplier, 25 x 21 cm
     Pinacoteca Nationale, Parme

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La Vierge aux Rochers (Léonard de Vinci)

          La Vierge aux Rochers

                                             d'après Léonard de Vinci


     Elle se tient, paisible, en les lueurs étranges,
     Et douces, des rayons d’un soleil inconnu ;
     Cheveux blonds et bouclés, le teint rose, joufflu,
     Saint Jean s’est incliné vers Jésus, petit ange.


     A droite, le visage embaumé de lumière,
     Une femme est assise, et se tourne, très douce
     – Et les deux chérubins, allongés sur la mousse,
     Se regardent, se font des souris, sans manières.


     Des rocs, des rochers bruns montrent leurs formes rondes,
     Se découpant, lointains, dans le ciel ébloui ;
     Partout se répand la lumière blanche et blonde.


     Serait-ce le matin, le soir, l’après-midi ?
     Sommes-nous au printemps, à l’hiver, à l’été ?
     – O douceur de ce jour, en la Sainte Clarté !


                                                    Jean-Paul Labaisse, 1995.

 


vierge aux rochers Paris
 

Huile sur bois transposée sur toile, 199 x 122 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

vierge aux rochers Londres


     Huile sur bois, 189,5 x 120
     National Gallery, Londres

vierge aux rochers Suisse

Huile sur panneau, 154,5 x 122 cm
Suisse, collection privée

Vu à l'exposition Léonard de Vinci, tenue à Bruxelles en 2007-2008.
Cette troisième version n'est pas entièrement de la main de Léonard, et a été probablement peinte par un de ses élèves, vers 1495-1497. 



vierge aux rochers paris détail 3

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers paris détail 4

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers londres (détail)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)




vierge aux rochers londres (détail 2)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)

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05/03/2008

La Cène (Léonard de Vinci)


                      La Cène

                                               d'après Léonard de Vinci    
             

     Ils mangeaient gravement le repas de la Pâque,
    
Assis autour de Jésus à la longue table,
     Jude, Barthélemy, André, Philippe, Jacques,
     Pierre, tête grise, Jean, figure adorable.


     Le Christ dit ces mots : " l’un de vous me trahira. "
     Chacun de s’étonner, et chacun de gémir :
     " Serait ce moi, Seigneur ? Suis-je ce scélérat ? " 
     Ils parlent, tous ensemble, élèvent des soupirs.


     L’un dit : " ce n’est pas moi ! " L’autre proteste, jure…
     Simon pleure, Matthieu se tait, Thomas murmure…
     Celui-ci s’est levé ; celui-là joint les mains.


     Mais l’un s’est reculé, tout livide, tremblant,
     Stupéfait : c’est Judas. Jésus, en souriant,
     Lui donne à boire, et lui tend un morceau de pain.


                                                              Jean-Paul Labaisse, 1995.

la cène

     Détrempe et huile sur enduit, 460 x 880 cm
     Santa Maria delle Grazie (réfectoire, Milan)

     La Cène en 16.000.000.000 de pixels sur
    http://www.haltadefinizione.com/en/cenacolo/look.asp

La céne - Jésus

     détail (Jésus)



Marie-Madeleine + la Cène

      détail (Saint-Jean - ou Marie-Madeleine ???)



La Cène - Philippe

     détail (Philippe) 

 

18:59 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/03/2008

Bacchus (Le Caravage)

         Bacchus

                                              d'après le Caravage

     C’est un adolescent à figure fardée,
     Lèvres molles, regard vide et comme incertain,
     Les cheveux couronnés de grappes de raisin,
     Une coupe en ses mains sales et pommadées.


     Le torse demi-nu, le corps plein de langueur,
     Il est indolemment appuyé sur le coude.
     On ignore s’il nous regarde, ou s’il nous boude,
     Le jeune homme si beau, l’inquiétant buveur !


     Entre ses doigts joufflus brille un poison vermeil,
     Qui dévore le sang et gâte le sommeil…
     Nous inviterait-il à trinquer avec lui ?


     Ne dit-il pas "venez", d’une voix douce et basse,
     Ne tend-il pas vers nous sa main aux paumes lasses,
     Nous offrant et le vin, et le rêve, et l’oubli ?

                                                               Jean-Paul Labaisse 1999.

Bacchus

Huile sur toile, 95 x 85 cm
Musée des Offices, Florence

18:14 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/09/2006

Le Réverbère

               Le Réverbère

                                  

     C’est un chemin triste et désert, dans la banlieue.
     Personne ne passe, ici, personne ne vient…
     Seul un réverbère, et sa clarté faible et bleue ;
     On voit les lumières de la ville, très loin.


     Une femme est debout, cheveux bruns, robe verte ;
     Au milieu du chemin, elle se tient, tranquille,
     Sans bouger, sans parler. On devine la ville,
     Et ses maisons, et ses parcs, et ses tours désertes…


     Elle est toute seule, sur ce sombre chemin,
     Où personne ne vient, où personne ne passe,
     Et la ville est si loin, et la ville s’efface…


     Elle est seule, à jamais, sur ce chemin sans fin,
     Et très doucement le réverbère s’éteint,
     Et c’est la nuit, partout, et c’est l’oubli, enfin…

 

                                    Jean-Paul Labaisse, septembre 2006
                                    merci à Fabienne

 

aquarelle de Marlen Guérin

22:19 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/07/2006

Le Serment des Horaces (David)

     David, la Rome antique, et les belles Sabines
     Combattant, les seins nus, des soldats cuirassés,
     Napoléon, fougueux, sur son cheval dressé,
     Madame Récamier, yeux tendres, bouche fine.

               Le Serment des Horaces



     Ils étaient trois soldats, debout, dans le soleil,
     Casqués et cuirassés, avec des ceinturons,
     Des glaives acérés, des costumes vermeils,
     Des toges, des plumets splendides, des plastrons.


     Ils étaient debout, bras étendus, mains groupées,
     Les Horaces vaillants, les admirables frères ;
     Le père brandissait, solennel, les épées,
     Qui luisaient, miroitaient, sous la pure lumière.


     Dans l’ombre, on entendait les femmes soupirer ;
     L’une pleurait, déjà, son amant adoré,
     La deuxième, son fils, l’autre, un frère chéri.


     A leurs pieds, des bambins observaient, tous surpris,
     Ces féroces guerriers, qui n’étaient que des hommes,
     Et qui, demain, seraient la légende de Rome.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.


serment des horaces
 

     Huile sur toile, 330 x 425 cm
     Musée du Louvre, Paris

 

23:32 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Vélasquez

Vélasquez, la clarté qui se mélange à l'ombre,
Comtes et chevaliers sur leurs fiers alezans,
Des princes sérieux en habits ravissants,
L’Infante qui sourit, dans la fraîche pénombre.

 

          
         
Les Ménines

 

     Elles sont trois ou quatre accompagnant l’Infante,
     En robe grise et bleue, avec de fins volants,
     Des frises, des jupons, des nœuds roses et blancs,
     Et leurs longs cheveux font des boucles scintillantes.


     Marguerite paraît, la figure sereine,
     Tout sourire, le teint frais, les yeux qui pétillent ;
     Enfant de cinq ans à peine, petite fille,
     Elle sera, demain, Impératrice, ou Reine…


     Elle nous observe, et son regard est complice…
     On y voit de la gaieté, comme de la malice,
     Le bonheur d’un enfant en pays de cocagne.


     Dans l’ombre, un gentilhomme aux splendides habits…
     Serait ce un précepteur, un ministre, un marquis ?
     C’est le grand Vélasquez, peignant le Roy d’Espagne.

                                                             
                                                             Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

ménines
Huile sur toile, 318 x 278 cm
Museo del Prado, Madrid

 

 

         
La Reddition de Breda
        (les Lances)


     Sous les murs de Breda, campe une armée immense,
     Arquebusiers, servants, fantassins, cavaliers,
     Mousquetaires du Roy, et piquiers, par milliers,
     Levant des étendards, des pointes et des lances.


     Durant des mois, ce fut le siège de la ville,
     Aux clameurs des canons, au fracas des fusils ;
     Partout, des combattants affamés et transis,
     Et Breda qu’on enchaîne, et Breda qui vacille…


     Ils se sont rassemblés, en haut de la colline ;
     Ici, les Hollandais, figures harassées,
     Là, les Espagnols, fiers et cois, piques dressées.


     Portant les clés de la ville, un homme s’incline ;
     Spinola le relève, en étendant le bras…
-    Brille le soleil dans la brume, sur Breda.


                                                             Jean-Paul Labaisse 1998.

 

 

reddition de Breda
Huile sur toile, 307 x 367 cm
Museo del Prado, Madrid

 

23:10 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/07/2006

Le Pélerinage à Cythère (Watteau)

               Le Pélerinage à Cythère


                                                               d'après Watteau

     Ils avaient débarqué, les barons, les comtesses,
     Les chambellans lustrés, les chevaliers ravis,
     Les marquises, les ducs, les frivoles princesses,
     Tous, en habits pimpants, tous, contents et conquis.


     Sur le gazon humide, ils s’étaient installés,
     Posant nappe et couverts, débouchant les amphores ;
     Au grand soleil, le vin avait coulé, coulé…
     La nuit descendue, ils en demandaient encore !


     Sous la lune, on alluma torches et lumières,
     Et l’on reprit, joyeux, le chemin du vaisseau,
     Qui dormait, feux éteints, immobile sur l’eau.


     On évoqua, longtemps, cette fête à Cythère,
     Son pique-nique heureux, ses douces farandoles,
     Ses singes grimés, faisant bonds et cabrioles.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile,129 x 194 cm
     Musée du Louvre, Paris

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La Gouvernante (Chardin)

               La Gouvernante


                                                             d'après Chardin


     C’est un petit garçon portant ses beaux habits,
     Bas blancs, souliers cirés, boutons à sa tunique ;
     Il se tient droit, les yeux baissés, comme indécis,
     Des livres dans les mains : grammaire, arithmétique…


     Près de lui, une femme a posé son ouvrage,
     Et brosse le chapeau verni du petit homme ;
     Elle parle, et sa voix murmure les mots sages,
     Les mots tendres : " sois gentil, travaille, bonhomme ! "


     Gisent, sur le parquet, des objets délaissés,
     Des cartes à jouer, des dessins poussiéreux,
     Une raquette, un ballon, un volant froissé.


      Derrière la porte, on entend des bruits joyeux,
      Des voix d’hommes, des cris, et le garçon s’en va,
      Très fier, tricorne au front, ses livres sous le bras.


                                                              Jean-Paul Labaisse 1997. 

 

 

      Peinture sur toile, 46 x 37 cm
      musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa

 

16:42 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les Bergers d'Arcadie (Poussin)


     Poussin, églogue, belle et tranquille harmonie,
     Sylphides et bergers à l’ombre des cyprès,
     Pendant que frissonne et bruit un ruisseau secret
     – Le temps s’est arrêté, ici, en Arcadie…

 

         

                 Et in Arcadia ego
                (Les Bergers d'Arcadie)

 


     C’est un tombeau dormant dans l’humus et la mousse,
     Caressé par le ciel, les nuages, les arbres ;
     C’est un gris sarcophage, un mausolée de marbre,
     Où frémit le ruisseau, où geint la brise douce.


     Ici, pas de bruit, pas d’agitation vaine,
     Mais rien que la chanson du zéphyr et de l’eau ;
     Là, le calme et la paix, que dérangent, à peine,
     Des tintements lointains, des bêlements d’agneaux.


     Près du tombeau désert, des bergers parlent, causent,
     Méditant longuement sur l’homme qui repose,
     Inconnu et serein, sous le marbre et les fleurs.


     Ils peuvent lire, inscrits sur la pierre verdie,
     Cachés sous l’herbe et l’humus, les mots du bonheur,
     Les mots sages : " Ici, je suis en Arcadie ".


                                                          Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile, 85 x 121 cm
     Musée du Louvre, Paris

14:01 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/06/2006

Rembrandt 

Rembrandt, triste hôpital tout plein de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement.

                                                          Charles Baudelaire

          La Ronde de Nuit

     Ils s’étaient rassemblés, sans hâte, sous le porche,
     Soldats, tambours-majors, sergents, arquebusiers,
     Avec leurs fusils, leurs piques, leurs boucliers ;
     Les visages brillaient, sous la clarté des torches.


     L’un charge son mousquet, l’autre brandit sa lance ;
     Plein de ferveur, l’enseigne élève le drapeau.
     Rondaches, hausse-cols, des plumes aux chapeaux…
     Quelle allure, en leurs beaux habits, que de prestance !


     Le capitaine Cocq tend le bras et s’avance ;
     A ses côtés se tient, attentif, l’ordonnance,
     Pendant que bavarde et muse la compagnie.


     Et l’officier de dire : " Allons ! ", et ils allèrent,
     Tout joyeux, défilant dans la ville fleurie,
     Escortés d’enfants, et de blondes cantinières.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Ronde de nuit

Huile sur toile, 359 x 438 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

Ronde Nuit 3D full

Etonnante Ronde de Nuit en 3D, sur la Rembrandtsplein d'Amsterdam  

 

  

La Leçon d'Anatomie du docteur Nicolas Tulp

     Tous, ils regardaient, fascinés, captivés ; tous,
     Ils s’étaient réunis, devant le corps livide
     De cet inconnu, dont la chair, déjà putride,
     Semblait rose et bleue. Ils observaient, sans dégoût,


     Sans peur, le médecin qui découpait la peau,
     Le membre, calmement ; on distinguait, sans peine,
     Les muscles, les tendons, les artères, les veines,
     Qui se mêlaient, formant de délicats réseaux.


     Le docteur Nicolas Tulp, chapeau noir, col blanc,
     Donnait, gravement, sa leçon d’anatomie,
     Montrant les vaisseaux, les tissus sanguinolents,


     Les ligaments, les chairs blêmes et amollies.
     Et chacun regardait, observait, tout ému,
     Ce corps sans vie, ce corps superbe et inconnu.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Huile sur toile, 162 x 216 cm
Mauritshuis, La Haye

          La Fiancée Juive

     Elle lui tient la main, ferme un instant les yeux ;
     Il a posé le bras sur son épaule claire.
     Dans la pénombre calme où languit la lumière,
     Ils sont Roi et Reine, ils s’aiment, les amoureux….


     Elle a mis son collier de perles, ses bijoux,
     Ses bagues, ses bracelets, ses boucles d’oreille.
     Sa robe resplendit, brille, toute vermeille ;
     Dans l’ombre douce luisent ses longs cheveux roux.


     Il porte un manteau de brocard resplendissant,
     Une cape en velours, une veste soyeuse.
     Elle soupire, il rit, dans le jour finissant.


      Tous deux, ils imaginent la noce joyeuse,
      Ils rêvent de ce long bonheur qui les attend,
     Et entendent, déjà, des cris d’enfants contents.

                        
                                                    Jean-Paul Labaisse 1997.

Fiancée juive

Huile sur toile, 121 x 166 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

 

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20/06/2006

Les Vanités (Steenwyck)

          Les Vanités


                                           d'après Steenwyck

     Sur une table, en vrac, un sabre, une coquille,
     Une lampe éteinte, une amphore lisse et vide,
     Un chronomètre, un livre aux pages translucides,
     Un luth, un chalumeau, un crâne, qui scintille.


     Ce vase contenait du vin, en abondance ;
     Ce pipeau, cette flûte ont charmé les oreilles ;
     Des doigts ont effleuré ces pages, en silence,
     Eclairés par la lampe à la flamme vermeille...


     Clepsydres, sabliers, horloges et cadrans,
     Vous réglez l’Univers, vous dominez le Temps.
     Le sable et l’eau, coulez ! Aiguilles, avancez !


     Homme, larve d’un jour, songe d’une seconde,
     Se flétriront ta chair, tes muscles, ta peau blonde
     – Et tu seras tel ce crâne vide et glacé….


                                             Jean-Paul Labaisse 1997.

Huile sur bois, 39 x 51 cm
National Gallery, Londres
 

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19/06/2006

La Fillette à l'Oiseau Mort (artiste inconnu)

     La Fillette à l'Oiseau Mort

                d’après un artiste inconnu, début du XVIème siècle



     C’est une fillette, trois ou quatre ans à peine,
     Robe toute simple et bonnet sur les cheveux ;
     Elle a le front bombé, le nez rond, les joues pleines,
     La bouche mince et boudeuse, d’immenses yeux.


     Elle a recueilli ce petit oiseau blessé,
     L’a posé sur sa main avec délicatesse ;
     Puis elle a réchauffé le corps plein de faiblesse,
     Caressant doucement son plumage froissé.


     L’oiseau, le petit oiseau semble avoir si froid !
     Elle ferme les mains, elle serre très fort.
     Mais le cœur a cessé de battre, sous ses doigts…


     Elle regarde au loin, sans parler, sans sourire,
     Et ses yeux, ses grands yeux étonnés semblent dire :
     " Pourquoi, pourquoi le petit oiseau est-il mort ? "


                                Jean-Paul Labaisse, juin 2006 - octobre 2009.


fillette à l'oiseau

Peinture sur bois, 36 x 29 cm
Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles

Voir la magnifique vidéo de Vincent Gille, écrivain, poète et commissaire d’expositions :
http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/7d/lunettesrouges.b...

 

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01/06/2006

 Pornokratès (Félicien Rops)

                 Pornokratès
          (La Femme au Cochon)

 

                                                           d'après Rops

 

     Bas, gants et chapeau noirs, rubans bleus, mousseline,
     Elle promène en laisse un aimable cochon,
     Comme un sage loulou, comme un tendre bichon…
     Elle a sur les yeux un bandeau d’étoffe fine.


     Elle va toute nue, et de si peu parée,
     Montrant son ventre et ses cuisses, ses seins parfaits,
     Telle une reine inconnue, et son seul sujet
     Est ce porc rose et dodu, à la queue dorée.


     Elle marche sans voir où ses pas la conduisent,
     Et le joli cochon la dirige à sa guise,
     Sur les chemins les plus boueux et les plus sales.


     Ainsi toujours elle ira, aveugle princesse,
     Femme, femelle, diva, putain ou déesse,
     Offrant à tous ses seins et ses fesses royales !

 

                                                      Jean-Paul Labaisse,  mai 2006.

 

Aquarelle et Pastel, 75 x 45 cm
Collection de la Communauté francaise de Belgique


à propos de Félicien Rops (1833-1898)

L'anticonformiste et l'illustrateur le plus renommé de son époque
a notamment illustré "Les Epaves" de son ami Charles Baudelaire, qui écrivait :

"A dire là-bas combien j'aime ce tant
         folâtre Monsieur Rops"

 

"Rops, cet étrange tempérament, mi-littéraire mi-artistique,
hanté par le surnaturel macabre, funèbre, démonique,
ce dilettante d'érotisme, ce gourmet du vice,
poussant la polissonnerie jusqu'au génie"
                                             Emile Verhaeren

23:43 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |