26/06/2009

Aïda (Verdi)

             Aïda


d'après Verdi

                                       

Sous le temple d'Isis, loin de toute lumière,
Radamès est couché, les yeux perdus dans l'ombre.
Quel silence, quel calme, en la douce pénombre !
Rien ne trouble la paix de ce tombeau de pierre.


Allongé dans la nuit, Radamès se souvient...
Les combats glorieux, les oriflammes d'or,
Les tambours, les buccins, les trompettes, les cors,
Le triomphe, au soleil, sur un charroi d'airain !


Auprès de Radamès, une forme gracile
Respire faiblement, et son souffle fragile
Parfume le tombeau comme un baiser de brise.


Dans la prison de roche, en la nuit la plus grise,
Le prince Radamès voit briller, sous un voile,
Les yeux sombres d'Aïda, lumineuses étoiles.

 

                                                   Jean-Paul Labaisse 1991.

 

 

aida 2

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21/06/2009

La Traviata (Verdi)

Un temple où la divine et folle comédie
De la vie avec faste et fracas retentit,
Parmi les courtisans et les bouffons : Verdi,
La passion, la mort, la noble tragédie.

 

                La Traviata

                                        

     C'est une courtisane, aux amours éphémères
     Et multiples; dans son salon, elle reçoit
     Des étudiants joyeux, de vifs quinquagénaires,
     Des barons, des médecins, des hommes de loi.

     Il en est un plus jeune, et moins bête, et plus beau
     Que ses soupirants d'un jour : cet ange s'appelle
     Alfredo, il a des mains de femme, une peau
     Blanche et fragile, une bouche aux lèvres charnelles. 
  

     Brusquement, Alfredo la quitte ; il fuit la ville,
     L'abandonnant à sa vie frivole et facile...
     Elle pleure longtemps l'amant indélicat.


     Dans sa poitrine frêle, une douleur grandit,
     Et lui mord le cœur, pendant que s’épanouit
     L’odeur douce, l’odeur fade des camélias.

 

                                                   Jean-Paul Labaisse 1991-2009.

 

la traviata 3

 

la traviata 2

19:02 Écrit par Jean-Paul dans Opéra et Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/06/2009

Don Juan (Mozart)

               Don Juan

                                            d'après Mozart


     Don Juan, dans les enfers, soupire et se souvient.
     Elvire est morte, depuis longtemps... Sur sa pierre,
     Ni couronnes, ni fleurs; aucun homme ne vient
     Méditer sur sa tombe, en le froid cimetière.


     Au château, on entend rire et chanter : demain,
     Anne se mariera... Dans sa robe, elle est fière,
     Elle est belle ! A l'église, elle pleure, et ses mains
     Se joignent, et partout, Dieu répand sa lumière !


     Comme il fait sombre ! En leurs tombes abandonnées,
     Les morts remuent doucement leurs mains décharnées...
     Ils gémissent, un peu, dans leur morne sommeil.


     Là-bas, une statue a bougé... Elle lève
     La tête, comme dans le plus étrange rêve...
     Don Juan rit ! Il fait chaud, il fait bon, au soleil !
    

 

                                                      Jean-Paul Labaisse 1991

 

 

Don Giovanni 2

22:58 Écrit par Jean-Paul dans Opéra et Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/06/2009

Cosi fan Tutte (Mozart)

                Cosi Fan Tutte

                                            d'après Mozart


     C'est une fête un peu triste, à la fin du jour,
     Avec des rires doux, des cris, dans le ramures,
     Et des soupirants las, dont les secrets murmures
     Sont comme les échos du plus tragique amour.


     La lune paraît, blanche, et d'étranges visages
     Sortent de l'ombre, avec des masques indistincts,
     Aux traits figés, aux fronts blêmes, aux yeux éteints,
     Et des pleurs cachés, sous le pâle maquillage.


     C'est un rêve qui se termine et qui se brise,
     Comme ces amours qui se font et se défont,
     Au fil de l'eau, flocons de neige que la bise


     Emporte à l'horizon, écume ensevelie...
     Ce sont des enfants qui pleurent, et qui s'en vont,
     Dans les ombres de la nuit : la fête est finie.     

 

                                                      Jean-Paul Labaisse 1991

 

cosi fan tutte 3

 

cosi fan tutte 2

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Les Noces de Figaro (Mozart)

Mozart, théâtre plein de folie et d'ardeur,
Chérubins ingénus, bergères et comtesses,
Un cimetière où, parmi les tombes, se dresse
La statue noire et terrible du Commandeur.

 

 

                Les Noces de Figaro

                                        

     Aux noces, ils étaient venus, les uns marchant,
     Les autres sur des chars couverts de fleurs soyeuses,
     Et tous ces gens formaient une bande joyeuse,
     Et folle, par-delà les chemins et les champs.


     Tous, ils étaient venus, le comte, la comtesse,
     Le jardinier au bras de Marceline, en pleurs,
     Et Chérubin portait un chapeau de couleurs,
     Et Barberine avait des rubans dans ses tresses.


     Tels des enfants heureux, ils allaient, indociles,
     Traversant bois et prés, au milieu des troupeaux
     Surpris de ce cortège aux brillants oripeaux.


     Ils filaient ainsi, vifs et fous, vifs et fébriles,
     Et quand tomba le soir, on vit, dans l'ombre brune,
     Suzanne et Figaro, qui rêvaient sous la lune.  
    

 

                                                    Jean-Paul Labaisse 1991-2009.
                                                    Merci à Fabienne.


Noce de Figaro1
                                                     

 

 

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