08/01/2017

L'Empire des Lumières (Magritte)

L'Empire des Lumières

 


Magritte, grand ciel bleu tapissé de nuages,
Cavaliers égarés parmi les arbres blêmes,
Seins, troncs, rocs, dans l'azur, images et mirages…
- Ceci n'est pas un vers, cela n'est point poème…

 

 



     Cette maison déserte, et ces grands arbres noirs....
     Quelle heure est-il ? Sommes-nous au matin, au soir ?
     Personne ne vient, personne ne passe, ici,
     En ce lieu incertain, où nul soleil ne luit...


     Est-ce la nuit, le jour, l’aube, l’après-midi ?
     A l’horloge, midi sonne... Non, c’est minuit...
     Ni lune, ni soleil, seulement des nuages,
     Et le ciel limpide, en l’étrange paysage....


     Une lampe scintille, à peine, à la fenêtre,
     Et ses faibles rayons baignent la nuit profonde...
     O cette clarté pâle et douce, au cœur du monde !


     Dormons-nous, rêvons-nous ? Est-ce un songe, peut-être ?
     Quelle heure, de quel jour ? Dimanche, ou bien lundi ?
     A l’horloge, minuit sonne... Non, c’est midi...

 

 

Jean-Paul Labaisse 1999.


 

 

empire_lumiere


1954, Huile sur Toile, 146 x 114 cm
Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique

00:18 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/10/2015

Vermeer

Vermeer, boudoir discret, alcôve où se murmurent
En secret, des billets tendres, des mots d’amour,
Guitare, virginal, luth, dans le demi-jour,
Perles et bijoux fins, qu’ombragent les tentures.

 
 

 

Jeune Femme lisant une Lettre

 

Elle est debout devant la fenêtre, immobile,
Le visage effleuré par les premiers rayons ;
Le soleil du matin baise son front tranquille,
Le vent folâtre et frémit sur ses cheveux blonds.


Elle tient dans ses mains une lettre embaumée,
Qu’elle lit et relit, à la clarté du jour ;
Elle a bien reconnu la signature aimée,
Les mots tendres, les mots qui racontent l’amour !


Ô parfum de la lettre et son papier soyeux
Que l’on caresse, avec ferveur, du bout des doigts,
Ses feuillets que l’on plie et serre contre soi !


Ô la lettre reçue et ses accents joyeux,
Ses serments pleins de fièvre et d’ardeur, ses je t’aime,
Chanson douce à l’oreille et merveilleux poème !

 

 

Jean-Paul Labaisse 1996 – 2015

 

vermeer.jpg

Jeune femme lisant une lettre
Huile sur toile, 83 x 64 cm
Gemâldegalerie, Dresde

               

 

 

          La Jeune Fille à la Perle

 

 

    
     C’est une délicate et douce demoiselle.
     A son oreille luit une perle discrète ;
     Dans ses grands yeux rêveurs des clartés se reflètent.
     Elle ignore combien elle est gracile et belle...


     Un bonnet jaune et bleu enveloppe ses tresses.
     Elle tourne vers nous sa figure tranquille,
     Elle ne parle pas, elle attend, immobile. 
     On voit, dans ses yeux clairs, des lumières qui naissent…


     C’est une enfant de seize ou dix-huit ans, à peine,
     Qui découvre, en son miroir, sa beauté première ;
     Un sang bleuté, un sang fluide court dans ses veines.


     Ce sera une amante, une épouse, une mère.
     A cet instant, ce n’est qu’une très jeune fille,
     Dans la pénombre douce et dont le regard brille.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1996.           

   

 

 

jeune fille à la perle

La Jeune Fille à la Perle, ou La Jeune Fille au Turban
Huile sur toile, 45 x 41 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

          La Dentellière

 

 

 


     Elle avance les doigts dans la lumière douce,
     Et sa nuque s’incline  et sa tête se penche ;
     Elle tisse, sans bruit, de ses belles mains blanches.
     Un rai de soleil fait briller ses boucles rousses.


     Sur le carreau de bois, elle a mis des bobines,
     Des fuseaux, du fil rouge et jaune, des aiguilles,
     Et ses doigts délicats, ses mains de jeune fille
     Touchent le doux tissu, frôlent l’étoffe fine.


     De l’écheveau de lin se forment des figures,
     Des feuillages légers, des lys, des ancolies,
     Des gerbes, des bouquets, des bordures jolies.


     Au milieu des festons, des feuilles, des nervures,
     Telle une fleur de soie, telle une frêle ombelle,
     Mystérieuse, naît la fragile dentelle.

 

                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

 

dentellière

Huile sur toile, 24 x 21 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

 

 

 

          Vue de Delft

 

 

 

     C’est une ville calme et douce, au bord de l’eau,             
     Où ralentit la vie, où les gestes s’enlisent ;
     Le fleuve réfléchit des formes imprécises,
     Des murailles, des tours, des barques, des bateaux.


     On devine les ponts au-dessus des canaux,
     Les maisons et les toits se mirant dans l’eau grise ;
     S’élancent vers le ciel les flèches des églises,
     Les clochetons, le haut beffroi, les lanterneaux.


     Sur la rive, debout, des silhouettes sombres,
     Immobiles parmi les reflets et les ombres ;
     Le temps se fige, ici, rien ne vit, rien ne bouge…


     Un rayon vient percer les nuages changeants,
     Et brille sur les murs jaunes, les briques rouges,
     L’altière Nieuwe Kerk et son clocher d’argent.

 

                                             Jean-Paul Labaisse 2000.

 

 

 

 

vue de delft 2

Huile sur toile, 98 x 117 cm
Mauritshuis, La Haye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

22:08 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/06/2010

Nu Couché (Modigliani)

Nu Couché



Modigliani, fronts et bouches énigmatiques
Odalisque aux grands yeux calmes et résignés,
Jeune femme endormie en un lit chiffonné,
Telle une fleur triste, et douce, et mélancolique



Elle a des cheveux de jais, de grands yeux éteints,
Des cils allongés, des pupilles pleines d’ombre ;
Le nez est mince et droit, la bouche d’un sang sombre,
L’épaule fragile et le cou semble si fin.


Sur le lit étendue, elle dort, elle gît,
Cheveux fluides, yeux mi-clos, la tête immobile,
Bras et mains abandonnés, les jambes tranquilles,
Et l’on ne sait quel songe embaume son esprit.


C’est une femme d’ailleurs, sans passé, sans âge ;
Elle pèse si peu, dans le courant du monde,
Et son corps glisse et vogue au fil léger de l’onde…


Rien ne vient déranger son sommeil sans nuages ;
Aucun homme, aucun dieu ne devinent ses rêves,
Ses immenses désirs, ses voluptés trop brèves.


Jean-Paul Labaisse 1998. 

  

 


Nu couché

Nu couché les bras croisés derrière la tête
Huile sur toile, 60 x 92 cm
Collection privée


nu couché 2

Le Grand Nu
Huile sur toile, 73 x 166cm
Museum of Modern Art, New-York

 

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09/04/2008

Le Déjeuner des Canotiers (Renoir)

           Le Déjeuner des Canotiers


                                                             d'après Renoir




     Ils avaient bien mangé, bien bu, tout le midi.
     Sur la table traînaient des verres, des bouteilles,
     Des couverts délaissés, un plat, avec des fruits,
     Poires mûres, raisins dorés, pommes vermeilles.


     Les femmes bavardaient, badinaient, l'oeil rieur,
     De grands chapeaux de paille inclinés sur la tête ;
     Barbe rousse et regard pensif, en débardeur,
     Un gaillard contemplait les blanches goélettes.


     Ils conversent de tout, de rien, de mille choses
     Puériles, qui font le bonheur de la vie ;
     Les hommes sont contents, les femmes alanguies.


     Sous la lumière blonde et tranquille, des roses
     Dans son chapeau à rubans, une jeune fille
     Serre un petit chien, qui se dresse, qui frétille.


                                            Jean-Paul Labaisse, novembre 1995.




le déjeuner des canotiers

Huile sur toile, 130 x 173 cm
collection Duncan Philipps, Washington
 

21:53 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2008

Le Moulin de la Galette (Renoir)

                   Renoir, des enfants blonds et fins, cheveux brillant 
                   Sous le soleil soyeux, de douces demoiselles
                   Se balançant à l’ombre exquise des tonnelles
                   Où frémissent les fleurs, les jasmins chatoyants



          Le Moulin de la Galette



     Ils étaient venus au Moulin de la Galette,
     Joyeux, contents, avec leurs belles cavalières,
     Qu’ils faisaient tourner, tourner, vives et légères,
     Entre les tables où musaient les midinettes.


     Levant leurs canotiers, lissant leurs barbes fines,
     Camelots et dandys entreprenaient les filles,
     Et se penchaient, disant des choses bien gentilles ;
     On servait de l’anis, des bocks, des grenadines.


     Et tournent les danseurs, sous les douces ramures,
     Et valsent les filles, en leurs robes à franges,
     Volants roses et bleus, vaporeuses guipures.


     Les parfums, dans le soir, s’exhalent, se mélangent,
     Et montent calmement vers les branches soyeuses,
     Que balance et caresse une brise amoureuse.

                                                Jean-Paul Labaisse, novembre 1995.



moulin de la galette

     Huile sur toile, 131 x 175 cm
     Musée d'Orsay, Paris





 

15:59 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/03/2008

La maja Nue (Goya)

             La Maja nue

                                                d'après Goya



     Elle est allongée, au plus profond des coussins,
     Un peu sur le côté, la charmante inconnue ;
     Elle montre ses bras blancs, son ventre, ses seins,
     Ses jambes en fuseau - elle est tout à fait nue.


     Sa peau semble si douce, et si doux sont ses seins...
     O grâce de son ventre, ô galbe de ses hanches !
     Et son dos charnu, et ses longues jambes blanches,
     Et ses bras frais et ronds - ô ce corps souverain !


     Son regard est tourné vers toi, ô spectateur,
     O voyeur ! Et ses yeux noirs savent ton désir,
     Et l’émoi de ton âme, et l’éveil du plaisir !


     Viens... C’est toi qu’elle attend, sans honte, sans pudeur,
     En cette chambre obscure, où rien n’est interdit...
     Viens, viens vite... Ses bras t’ouvrent le paradis...


                                                       Jean-Paul Labaisse 1996.



maya nue

     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid


maya habillée

     La Maja vêtue
     Huile sur toile, 97 x 190 cm
     Museo del Prado, Madrid

23:06 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les Vieilles (Goya)

                Les Vieilles

                                                   d'après Goya

     Les vieilles, au miroir, s’admirent, se contemplent,
     En extase devant leurs faces pommadées ;
     Elles ont mis fichus et chiffons, nippes amples,
     Pendentifs, bijoux faux, toilettes démodées.


     Leurs bouches sont sans dents, leurs crânes sans cheveux,
     Elles ont un menton qui tremble, un long cou maigre,
     Une verrue au nez, de petits yeux fiévreux…
     De leurs seins flasques et gris monte une odeur aigre.


     O Vieilles ! Au lieu de scruter votre miroir,
     D’agiter vos joyaux et vos antiques rêves,
     Tournez-vous, un instant : un spectre, dans le noir,


     Vous guette, impatient, et son balai se lève…
     Vous tomberez, d’un coup, la glace explosera,
     Et personne, personne ne vous pleurera…

                                                       Jean-Paul Labaisse 1997.


Les Vieilles

     Huile sur Toile, 180 x 120 cm
     Musée de Lille

23:00 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Le Trois mai 1808 (Goya)

                Le Trois Mai 1808

                                            d'après Goya


     Ils sont cinq fantassins, sur le point de tirer,
     Debout, bien alignés, le doigt sur la gâchette,
     Le fusil épaulé, la longue baïonnette
     Prête à meurtrir, prête à percer, à déchirer.


     Il est seul, dos au mur, muet, ne pouvant fuir ;
     Cet homme désarmé sait qu’il va disparaître,
     Dans la minute, ou dans la seconde, peut-être,
     Peu importe l’instant : cet homme va mourir.


     Il est seul, ils sont cinq, au moins…il n’a pas d’armes,
     Ils ont de bons fusils, avec de bonnes balles…
     Il ne peut que prier, verser de vaines larmes.


     Cet homme va mourir, c’est chose très banale…
     Il est seul, dos au mur, et ses bras s’ouvrent grand,
     Et tirent les soldats, sans haine ou sentiment…

                                                      Jean-Paul Labaisse 1997.


3 mai 1808
    
     Huile sur toile, 266 x 345 cm
     Museo del Prado, Madrid

22:55 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'Origine du Monde (Courbet)

               Courbet, vaste salon plein de lumière et d'ombre,
               Où Tout-Paris se croise, et s’observe, et murmure,
               Corps de femme allongé en une chambre obscure,
               Et ce ventre qui s’offre, et montre son cœur sombre…


                   L'Origine du Monde



     De tous vos yeux, regardez ce beau corps offert,
     Cette femme dont on ne voit pas le visage,
     Mais rien que le ventre, et cette toison sauvage,
     Cet entrejambe nu, ce sexe découvert.


     Voyez ce pubis soyeux, ces cuisses languides,
     Cette peau que l’on imagine chaude et douce,
     Regardez, regardez cette fourrure rousse,
     Ce sexe qui entrouvre ses lèvres humides…


     C’est un peu l’enfer, c’est beaucoup de paradis,
     C’est le Grand Mystère, ô voyeur, ô séductrice,
     Et c’est l’Amour, peut-être, et c’est la Mort, aussi…


     Nous sommes venus, là, au milieu de ces cuisses,
     Paquet de chair sanglant, petite chose blonde,
     Brusquement projetée en l’Espace et le Monde !

                                            Jean-Paul Labaisse, 2000-2006.


origine du monde 2

     Huile sur toile, 46 x 55 cm
     Musée d'Orsay, Paris

     voir http://www.musee-orsay.fr/fr/manifestations/expositions/a...
     et aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Origine_du_monde...

     A lire : "L'Origine du Monde, Histoire d'un tableau de Gustave Courbet", par Thierry Savatier, Bartillat, 2006 

     Ci-dessous le tableau peu connu d'Orlan (artiste française née en 1947),
     "L'Origine de la Guerre", peint en 1989 :

origine de la guerre


     Voir  http://telemaquetime.free.fr/Orlan.htm

22:23 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/03/2008

Marie-Madeleine (Léonard de Vinci)

                  Marie-Madeleine

                                                       d'après Léonard de Vinci

                                          
     C’est une jeune femme à la peau douce et fine ;
     Un bijou d’or et d’argent brille sur sa peau,
     Son manteau s’entrouvre et laisse voir sa poitrine…
     Sa chair est si blanche, et ses seins sont si beaux !


     Elle a le regard vague, et la tête qui penche,
     Les cheveux répandus en longues mèches rousses ;
     On devine le voile enveloppant ses hanches…
     Combien blancs sont ses seins, que sa peau paraît douce !


     Qui est cette inconnue au regard incertain ?
     Serait-ce Marie-Madeleine, ou bien Lucrèce ?
     Quelle Eve, quelle sainte, quelle pécheresse,


     Issue d’un lieu sans âge, d’un rêve sans fin ?
     Elle sourit, fille de Dieu, femme de l’Homme,
     Et nul ici ne sait comment Elle se nomme…

                                 
                                  Jean-Paul Labaisse
                                  Bruxelles, mars 2008
                                  vu à la très belle exposition Léonard de Vinci

Marie-Madeleine


     huile sur panneau, 58 x 45,5 cm
     Suisse, collection privée

21:22 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Joconde (Léonard de Vinci)

                  La Joconde


                                                        d'après Léonard de Vinci 

     Elle n’a pas de nom, pas d’histoire, pas d’âge,
     Pas de visage, rien. Elle vous sourit, ange
     D’un songe étrange, où se mêlent et se mélangent
     Rivières et rochers vagues, cieux et nuages.


     Elle sourit, tranquille, et la pâle lumière
     Enveloppe ses mains, embaume son visage.
     On aperçoit, très loin, des roches, des bocages ;
     Un brouillard inconnu entoure la rivière.


     Quelle est cette dame au si tendre et doux sourire,
     Nous regardant, sans nous voir, devant sa fenêtre ?
     Vient-elle d’Italie, ou de France, peut-être ?


     O ce rêve sans fin, ce frisson, ce délire,
     Qui nous font traverser le temps ! – Au bord du monde,
     Elle se tient, calme, et sourit, douce Joconde.


                                                 Jean-Paul Labaisse 1995.

 

joconde 2

     Huile sur bois, 77 x 53 cm,
     Musée du Louvre, Paris

joconde détail 2
    
     La Joconde (détail)



joconde détail 3

    La Joconde (détail)



joconde détail 4

    La Joconde (détail)



     Léonard de Vinci

     Tête de jeune fille échevelée
     Terre d'ombre, ambre verdi et céruse sur panneau de peuplier, 25 x 21 cm
     Pinacoteca Nationale, Parme

21:13 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

La Vierge aux Rochers (Léonard de Vinci)

          La Vierge aux Rochers

                                             d'après Léonard de Vinci


     Elle se tient, paisible, en les lueurs étranges,
     Et douces, des rayons d’un soleil inconnu ;
     Cheveux blonds et bouclés, le teint rose, joufflu,
     Saint Jean s’est incliné vers Jésus, petit ange.


     A droite, le visage embaumé de lumière,
     Une femme est assise, et se tourne, très douce
     – Et les deux chérubins, allongés sur la mousse,
     Se regardent, se font des souris, sans manières.


     Des rocs, des rochers bruns montrent leurs formes rondes,
     Se découpant, lointains, dans le ciel ébloui ;
     Partout se répand la lumière blanche et blonde.


     Serait-ce le matin, le soir, l’après-midi ?
     Sommes-nous au printemps, à l’hiver, à l’été ?
     – O douceur de ce jour, en la Sainte Clarté !


                                                    Jean-Paul Labaisse, 1995.

 


vierge aux rochers Paris
 

Huile sur bois transposée sur toile, 199 x 122 cm
Musée du Louvre, Paris

 

 

vierge aux rochers Londres


     Huile sur bois, 189,5 x 120
     National Gallery, Londres

vierge aux rochers Suisse

Huile sur panneau, 154,5 x 122 cm
Suisse, collection privée

Vu à l'exposition Léonard de Vinci, tenue à Bruxelles en 2007-2008.
Cette troisième version n'est pas entièrement de la main de Léonard, et a été probablement peinte par un de ses élèves, vers 1495-1497. 



vierge aux rochers paris détail 3

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers paris détail 4

     Vierge aux Rochers, détail (version Paris)


vierge aux rochers londres (détail)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)




vierge aux rochers londres (détail 2)

     Vierge aux Rochers, détail (version Londres)

20:59 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/03/2008

La Cène (Léonard de Vinci)


                      La Cène

                                               d'après Léonard de Vinci    
             

     Ils mangeaient gravement le repas de la Pâque,
    
Assis autour de Jésus à la longue table,
     Jude, Barthélemy, André, Philippe, Jacques,
     Pierre, tête grise, Jean, figure adorable.


     Le Christ dit ces mots : " l’un de vous me trahira. "
     Chacun de s’étonner, et chacun de gémir :
     " Serait ce moi, Seigneur ? Suis-je ce scélérat ? " 
     Ils parlent, tous ensemble, élèvent des soupirs.


     L’un dit : " ce n’est pas moi ! " L’autre proteste, jure…
     Simon pleure, Matthieu se tait, Thomas murmure…
     Celui-ci s’est levé ; celui-là joint les mains.


     Mais l’un s’est reculé, tout livide, tremblant,
     Stupéfait : c’est Judas. Jésus, en souriant,
     Lui donne à boire, et lui tend un morceau de pain.


                                                              Jean-Paul Labaisse, 1995.

la cène

     Détrempe et huile sur enduit, 460 x 880 cm
     Santa Maria delle Grazie (réfectoire, Milan)

     La Cène en 16.000.000.000 de pixels sur
    http://www.haltadefinizione.com/en/cenacolo/look.asp

La céne - Jésus

     détail (Jésus)



Marie-Madeleine + la Cène

      détail (Saint-Jean - ou Marie-Madeleine ???)



La Cène - Philippe

     détail (Philippe) 

 

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02/03/2008

Bacchus (Le Caravage)

         Bacchus

                                              d'après le Caravage

     C’est un adolescent à figure fardée,
     Lèvres molles, regard vide et comme incertain,
     Les cheveux couronnés de grappes de raisin,
     Une coupe en ses mains sales et pommadées.


     Le torse demi-nu, le corps plein de langueur,
     Il est indolemment appuyé sur le coude.
     On ignore s’il nous regarde, ou s’il nous boude,
     Le jeune homme si beau, l’inquiétant buveur !


     Entre ses doigts joufflus brille un poison vermeil,
     Qui dévore le sang et gâte le sommeil…
     Nous inviterait-il à trinquer avec lui ?


     Ne dit-il pas "venez", d’une voix douce et basse,
     Ne tend-il pas vers nous sa main aux paumes lasses,
     Nous offrant et le vin, et le rêve, et l’oubli ?

                                                               Jean-Paul Labaisse 1999.

Bacchus

Huile sur toile, 95 x 85 cm
Musée des Offices, Florence

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24/09/2006

Le Réverbère

               Le Réverbère

                                  

     C’est un chemin triste et désert, dans la banlieue.
     Personne ne passe, ici, personne ne vient…
     Seul un réverbère, et sa clarté faible et bleue ;
     On voit les lumières de la ville, très loin.


     Une femme est debout, cheveux bruns, robe verte ;
     Au milieu du chemin, elle se tient, tranquille,
     Sans bouger, sans parler. On devine la ville,
     Et ses maisons, et ses parcs, et ses tours désertes…


     Elle est toute seule, sur ce sombre chemin,
     Où personne ne vient, où personne ne passe,
     Et la ville est si loin, et la ville s’efface…


     Elle est seule, à jamais, sur ce chemin sans fin,
     Et très doucement le réverbère s’éteint,
     Et c’est la nuit, partout, et c’est l’oubli, enfin…

 

                                    Jean-Paul Labaisse, septembre 2006
                                    merci à Fabienne

 

aquarelle de Marlen Guérin

22:19 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/07/2006

Le Serment des Horaces (David)

     David, la Rome antique, et les belles Sabines
     Combattant, les seins nus, des soldats cuirassés,
     Napoléon, fougueux, sur son cheval dressé,
     Madame Récamier, yeux tendres, bouche fine.

               Le Serment des Horaces



     Ils étaient trois soldats, debout, dans le soleil,
     Casqués et cuirassés, avec des ceinturons,
     Des glaives acérés, des costumes vermeils,
     Des toges, des plumets splendides, des plastrons.


     Ils étaient debout, bras étendus, mains groupées,
     Les Horaces vaillants, les admirables frères ;
     Le père brandissait, solennel, les épées,
     Qui luisaient, miroitaient, sous la pure lumière.


     Dans l’ombre, on entendait les femmes soupirer ;
     L’une pleurait, déjà, son amant adoré,
     La deuxième, son fils, l’autre, un frère chéri.


     A leurs pieds, des bambins observaient, tous surpris,
     Ces féroces guerriers, qui n’étaient que des hommes,
     Et qui, demain, seraient la légende de Rome.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.


serment des horaces
 

     Huile sur toile, 330 x 425 cm
     Musée du Louvre, Paris

 

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Vélasquez

Vélasquez, la clarté qui se mélange à l'ombre,
Comtes et chevaliers sur leurs fiers alezans,
Des princes sérieux en habits ravissants,
L’Infante qui sourit, dans la fraîche pénombre.

 

          
         
Les Ménines

 

     Elles sont trois ou quatre accompagnant l’Infante,
     En robe grise et bleue, avec de fins volants,
     Des frises, des jupons, des nœuds roses et blancs,
     Et leurs longs cheveux font des boucles scintillantes.


     Marguerite paraît, la figure sereine,
     Tout sourire, le teint frais, les yeux qui pétillent ;
     Enfant de cinq ans à peine, petite fille,
     Elle sera, demain, Impératrice, ou Reine…


     Elle nous observe, et son regard est complice…
     On y voit de la gaieté, comme de la malice,
     Le bonheur d’un enfant en pays de cocagne.


     Dans l’ombre, un gentilhomme aux splendides habits…
     Serait ce un précepteur, un ministre, un marquis ?
     C’est le grand Vélasquez, peignant le Roy d’Espagne.

                                                             
                                                             Jean-Paul Labaisse 1997.

 

 

ménines
Huile sur toile, 318 x 278 cm
Museo del Prado, Madrid

 

 

         
La Reddition de Breda
        (les Lances)


     Sous les murs de Breda, campe une armée immense,
     Arquebusiers, servants, fantassins, cavaliers,
     Mousquetaires du Roy, et piquiers, par milliers,
     Levant des étendards, des pointes et des lances.


     Durant des mois, ce fut le siège de la ville,
     Aux clameurs des canons, au fracas des fusils ;
     Partout, des combattants affamés et transis,
     Et Breda qu’on enchaîne, et Breda qui vacille…


     Ils se sont rassemblés, en haut de la colline ;
     Ici, les Hollandais, figures harassées,
     Là, les Espagnols, fiers et cois, piques dressées.


     Portant les clés de la ville, un homme s’incline ;
     Spinola le relève, en étendant le bras…
-    Brille le soleil dans la brume, sur Breda.


                                                             Jean-Paul Labaisse 1998.

 

 

reddition de Breda
Huile sur toile, 307 x 367 cm
Museo del Prado, Madrid

 

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01/07/2006

Le Pélerinage à Cythère (Watteau)

               Le Pélerinage à Cythère


                                                               d'après Watteau

     Ils avaient débarqué, les barons, les comtesses,
     Les chambellans lustrés, les chevaliers ravis,
     Les marquises, les ducs, les frivoles princesses,
     Tous, en habits pimpants, tous, contents et conquis.


     Sur le gazon humide, ils s’étaient installés,
     Posant nappe et couverts, débouchant les amphores ;
     Au grand soleil, le vin avait coulé, coulé…
     La nuit descendue, ils en demandaient encore !


     Sous la lune, on alluma torches et lumières,
     Et l’on reprit, joyeux, le chemin du vaisseau,
     Qui dormait, feux éteints, immobile sur l’eau.


     On évoqua, longtemps, cette fête à Cythère,
     Son pique-nique heureux, ses douces farandoles,
     Ses singes grimés, faisant bonds et cabrioles.


                                                            Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile,129 x 194 cm
     Musée du Louvre, Paris

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La Gouvernante (Chardin)

               La Gouvernante


                                                             d'après Chardin


     C’est un petit garçon portant ses beaux habits,
     Bas blancs, souliers cirés, boutons à sa tunique ;
     Il se tient droit, les yeux baissés, comme indécis,
     Des livres dans les mains : grammaire, arithmétique…


     Près de lui, une femme a posé son ouvrage,
     Et brosse le chapeau verni du petit homme ;
     Elle parle, et sa voix murmure les mots sages,
     Les mots tendres : " sois gentil, travaille, bonhomme ! "


     Gisent, sur le parquet, des objets délaissés,
     Des cartes à jouer, des dessins poussiéreux,
     Une raquette, un ballon, un volant froissé.


      Derrière la porte, on entend des bruits joyeux,
      Des voix d’hommes, des cris, et le garçon s’en va,
      Très fier, tricorne au front, ses livres sous le bras.


                                                              Jean-Paul Labaisse 1997. 

 

 

      Peinture sur toile, 46 x 37 cm
      musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa

 

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Les Bergers d'Arcadie (Poussin)


     Poussin, églogue, belle et tranquille harmonie,
     Sylphides et bergers à l’ombre des cyprès,
     Pendant que frissonne et bruit un ruisseau secret
     – Le temps s’est arrêté, ici, en Arcadie…

 

         

                 Et in Arcadia ego
                (Les Bergers d'Arcadie)

 


     C’est un tombeau dormant dans l’humus et la mousse,
     Caressé par le ciel, les nuages, les arbres ;
     C’est un gris sarcophage, un mausolée de marbre,
     Où frémit le ruisseau, où geint la brise douce.


     Ici, pas de bruit, pas d’agitation vaine,
     Mais rien que la chanson du zéphyr et de l’eau ;
     Là, le calme et la paix, que dérangent, à peine,
     Des tintements lointains, des bêlements d’agneaux.


     Près du tombeau désert, des bergers parlent, causent,
     Méditant longuement sur l’homme qui repose,
     Inconnu et serein, sous le marbre et les fleurs.


     Ils peuvent lire, inscrits sur la pierre verdie,
     Cachés sous l’herbe et l’humus, les mots du bonheur,
     Les mots sages : " Ici, je suis en Arcadie ".


                                                          Jean-Paul Labaisse 1997.

 

     Huile sur toile, 85 x 121 cm
     Musée du Louvre, Paris

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25/06/2006

Rembrandt 

Rembrandt, triste hôpital tout plein de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement.

                                                          Charles Baudelaire

          La Ronde de Nuit

     Ils s’étaient rassemblés, sans hâte, sous le porche,
     Soldats, tambours-majors, sergents, arquebusiers,
     Avec leurs fusils, leurs piques, leurs boucliers ;
     Les visages brillaient, sous la clarté des torches.


     L’un charge son mousquet, l’autre brandit sa lance ;
     Plein de ferveur, l’enseigne élève le drapeau.
     Rondaches, hausse-cols, des plumes aux chapeaux…
     Quelle allure, en leurs beaux habits, que de prestance !


     Le capitaine Cocq tend le bras et s’avance ;
     A ses côtés se tient, attentif, l’ordonnance,
     Pendant que bavarde et muse la compagnie.


     Et l’officier de dire : " Allons ! ", et ils allèrent,
     Tout joyeux, défilant dans la ville fleurie,
     Escortés d’enfants, et de blondes cantinières.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Ronde de nuit

Huile sur toile, 359 x 438 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

Ronde Nuit 3D full

Etonnante Ronde de Nuit en 3D, sur la Rembrandtsplein d'Amsterdam  

 

  

La Leçon d'Anatomie du docteur Nicolas Tulp

     Tous, ils regardaient, fascinés, captivés ; tous,
     Ils s’étaient réunis, devant le corps livide
     De cet inconnu, dont la chair, déjà putride,
     Semblait rose et bleue. Ils observaient, sans dégoût,


     Sans peur, le médecin qui découpait la peau,
     Le membre, calmement ; on distinguait, sans peine,
     Les muscles, les tendons, les artères, les veines,
     Qui se mêlaient, formant de délicats réseaux.


     Le docteur Nicolas Tulp, chapeau noir, col blanc,
     Donnait, gravement, sa leçon d’anatomie,
     Montrant les vaisseaux, les tissus sanguinolents,


     Les ligaments, les chairs blêmes et amollies.
     Et chacun regardait, observait, tout ému,
     Ce corps sans vie, ce corps superbe et inconnu.


                                                       Jean-Paul Labaisse 1995.

Huile sur toile, 162 x 216 cm
Mauritshuis, La Haye

          La Fiancée Juive

     Elle lui tient la main, ferme un instant les yeux ;
     Il a posé le bras sur son épaule claire.
     Dans la pénombre calme où languit la lumière,
     Ils sont Roi et Reine, ils s’aiment, les amoureux….


     Elle a mis son collier de perles, ses bijoux,
     Ses bagues, ses bracelets, ses boucles d’oreille.
     Sa robe resplendit, brille, toute vermeille ;
     Dans l’ombre douce luisent ses longs cheveux roux.


     Il porte un manteau de brocard resplendissant,
     Une cape en velours, une veste soyeuse.
     Elle soupire, il rit, dans le jour finissant.


      Tous deux, ils imaginent la noce joyeuse,
      Ils rêvent de ce long bonheur qui les attend,
     Et entendent, déjà, des cris d’enfants contents.

                        
                                                    Jean-Paul Labaisse 1997.

Fiancée juive

Huile sur toile, 121 x 166 cm
Rijksmuseum, Amsterdam

 

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20/06/2006

Les Vanités (Steenwyck)

          Les Vanités


                                           d'après Steenwyck

     Sur une table, en vrac, un sabre, une coquille,
     Une lampe éteinte, une amphore lisse et vide,
     Un chronomètre, un livre aux pages translucides,
     Un luth, un chalumeau, un crâne, qui scintille.


     Ce vase contenait du vin, en abondance ;
     Ce pipeau, cette flûte ont charmé les oreilles ;
     Des doigts ont effleuré ces pages, en silence,
     Eclairés par la lampe à la flamme vermeille...


     Clepsydres, sabliers, horloges et cadrans,
     Vous réglez l’Univers, vous dominez le Temps.
     Le sable et l’eau, coulez ! Aiguilles, avancez !


     Homme, larve d’un jour, songe d’une seconde,
     Se flétriront ta chair, tes muscles, ta peau blonde
     – Et tu seras tel ce crâne vide et glacé….


                                             Jean-Paul Labaisse 1997.

Huile sur bois, 39 x 51 cm
National Gallery, Londres
 

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19/06/2006

La Fillette à l'Oiseau Mort (artiste inconnu)

     La Fillette à l'Oiseau Mort

                d’après un artiste inconnu, début du XVIème siècle



     C’est une fillette, trois ou quatre ans à peine,
     Robe toute simple et bonnet sur les cheveux ;
     Elle a le front bombé, le nez rond, les joues pleines,
     La bouche mince et boudeuse, d’immenses yeux.


     Elle a recueilli ce petit oiseau blessé,
     L’a posé sur sa main avec délicatesse ;
     Puis elle a réchauffé le corps plein de faiblesse,
     Caressant doucement son plumage froissé.


     L’oiseau, le petit oiseau semble avoir si froid !
     Elle ferme les mains, elle serre très fort.
     Mais le cœur a cessé de battre, sous ses doigts…


     Elle regarde au loin, sans parler, sans sourire,
     Et ses yeux, ses grands yeux étonnés semblent dire :
     " Pourquoi, pourquoi le petit oiseau est-il mort ? "


                                Jean-Paul Labaisse, juin 2006 - octobre 2009.


fillette à l'oiseau

Peinture sur bois, 36 x 29 cm
Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles

Voir la magnifique vidéo de Vincent Gille, écrivain, poète et commissaire d’expositions :
http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/7d/lunettesrouges.b...

 

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01/06/2006

 Pornokratès (Félicien Rops)

                 Pornokratès
          (La Femme au Cochon)

 

                                                           d'après Rops

 

     Bas, gants et chapeau noirs, rubans bleus, mousseline,
     Elle promène en laisse un aimable cochon,
     Comme un sage loulou, comme un tendre bichon…
     Elle a sur les yeux un bandeau d’étoffe fine.


     Elle va toute nue, et de si peu parée,
     Montrant son ventre et ses cuisses, ses seins parfaits,
     Telle une reine inconnue, et son seul sujet
     Est ce porc rose et dodu, à la queue dorée.


     Elle marche sans voir où ses pas la conduisent,
     Et le joli cochon la dirige à sa guise,
     Sur les chemins les plus boueux et les plus sales.


     Ainsi toujours elle ira, aveugle princesse,
     Femme, femelle, diva, putain ou déesse,
     Offrant à tous ses seins et ses fesses royales !

 

                                                      Jean-Paul Labaisse,  mai 2006.

 

Aquarelle et Pastel, 75 x 45 cm
Collection de la Communauté francaise de Belgique


à propos de Félicien Rops (1833-1898)

L'anticonformiste et l'illustrateur le plus renommé de son époque
a notamment illustré "Les Epaves" de son ami Charles Baudelaire, qui écrivait :

"A dire là-bas combien j'aime ce tant
         folâtre Monsieur Rops"

 

"Rops, cet étrange tempérament, mi-littéraire mi-artistique,
hanté par le surnaturel macabre, funèbre, démonique,
ce dilettante d'érotisme, ce gourmet du vice,
poussant la polissonnerie jusqu'au génie"
                                             Emile Verhaeren

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29/05/2006

L'Enlèvement des Filles de Leucippe (Rubens)

L’Enlèvement des Filles de Leucippe

                                                                d'après Rubens


Ils étaient descendus du ciel immaculé,
Et leurs chevaux fameux, leurs fébriles montures,
Etiraient au soleil leurs fières encolures,
Mélangeant leurs sabots, arquant leurs dos musclés.


Et Castor et Pollux, les jumeaux merveilleux,
Ont penché leurs regards : ils ont vu ces deux filles
A la peau rose et fraîche, aux cheveux qui scintillent,
Dormant dans les rayons du jour délicieux.


Sur leurs bras vigoureux, sur leurs poitrines nues,
Ils portent calmement les adorables Vierges,
Les soulèvent, très loin, vers d’invisibles nues.


Au milieu des soleils, des comètes, des cierges,
Brillent deux astres blonds, deux planètes nouvelles,
Qui tournent, sans fin, autour d’étoiles jumelles !

                                                             Jean-Paul Labaisse 1999.

Huile sur toile, 224 x 210 cm
Alte Pinakothek, Munich

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27/05/2006

Louis XIV (Rigaud)

          Louis XIV

                                                      d'après Rigaud

     Il est debout, bien droit dans la belle clarté,
     En manteau d’apparat aux lourds et larges plis,
     Brocart de satin bleu où débordent les lys,
     Bas blancs, souliers vernis, une épée au côté.


     Tout autour, des tentures aux reflets vermeils,
     De profonds tapis, des fauteuils fleurdelisés.
     Il est debout, teint frais et regard avisé :
     Voici Louis le Grand, voici le Roi-Soleil !


     On ne sait si son visage est triste ou joyeux ;
     La bouche ne sourit pas, un peu ironique,
     Les yeux sont à la fois durs et malicieux…


     Il est Louis Quatorze, Prince magnifique,
     Ni bon, ni mauvais… Il est simplement le Roi,
     Au-dessus de ce monde, et au-delà des lois.

                                                                Jean-Paul Labaisse 2006

Louis XIV

Huile sur toile, 277 x 194 cm
Musée du Louvre, Paris 

 

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26/05/2006

Le Tricheur (Georges de La Tour)

Georges de La Tour, jeux d’ombres, faibles lueurs,
Madeleine à la clarté douce des veilleuses,
Nouveau-nés endormis dans la nuit bienheureuse,
Paysans rudes, gens de peu, pauvres vielleurs.

 

          Le Tricheur

 

A la table installés, des joueurs singuliers :
Sur la droite, un garçon indolent, traits de fille,
Plume au chapeau, gilet, des étoffes qui brillent;
Une dame bien mise, au centre, grand collier,


Corsage entrebâillé, perles et bijoux faux,
Regardant de biais, par d’étranges manières;
A gauche, un gentilhomme, yeux noirs, lèvres sévères,
Qui se tourne, cherchant des cartes dans son dos.


Allongeant la main, la courtisane fait signe,
Et sa servante, l’œil vif, la mine maligne,
Laisse couler le vin, en des coupes immenses.


Sur la table, de l’or, des deniers répandus…
Et le jeune homme joue, boit, rit, bel ingénu
S’étonnant seulement de son manque de chance.

                                                               Jean-Paul Labaisse 1998.

 

Le Tricheur à l'as de carreau
Huile sur toile, 106 x 146 cm
Musée du Louvre, Paris 

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25/05/2006

Bruegel

Bruegel, fête flamande, avec des cornemuses,
D’inlassables danseurs, qui viennent et qui vont,
Levant les pieds, les bras, tournant, faisant des bonds,
Des paysans pansus, qui musent et s’amusent.


La Danse de la Mariée en Plein Air


Ils dansaient, ils dansaient, les heureux paysans,
Par deux, par trois, par quatre, ouvrant des farandoles
Joyeuses, formant des rondes vives et folles,
Qui tournaient, tournoyaient, au soleil bienfaisant.


Les hommes s’élevaient du sol, jambe tendue,
Et les femmes faisaient voler leurs coiffes blanches ;
Ils sautaient, bondissaient, sur la terre battue,
Torse en avant, menton dressé, mains sur les hanches.


Celui-ci s’est tourné, pour taquiner sa mie ;
S’embrassent ces deux-là, dans les ombres amies ;
Un bonnet sur les yeux, cet autre va, vient, muse…


On mange de la soupe, on boit d’épaisses bières…
Et tous, de danser, de courir, en la clairière,
Au son des hautbois, des flûtes, des cornemuses.

                                                            Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Danse des Paysans
Huile sur bois, 114 x 164 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

 

 

 

          La Chute d’Icare


Il était monté, très haut, très loin, vers le ciel,
Vers le soleil, vers Dieu, vers les sublimes sphères ;
Il avait tournoyé, sur ses ailes légères,
Bercé par le chant de séraphins irréels.


Il est tombé, tombé, dans l’espace et le vide,
Dévalant l’air et l’éther et les nimbus blancs,
Voltigeant parmi les albatros, les milans,
Plus vif que le vent, plus leste qu’une sylphide…


Un paisible berger conduisait ses moutons ;
Penché sur l’onde, un homme attrapait les poissons ;
Dans son champ labourait un paysan placide.


Passaient des galions, des barques minuscules,
Des caravelles – Dans la mer toute splendide,
Deux jambes s’agitaient, petites, ridicules.

                                                            Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 73 x 112 cm
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

 

La Tour de Babel



Au pied de la cité s’élevait une tour
Formidable, accrochant le ciel et les nuages,
Avec des blocs, des mâts, de fiers échafaudages,
Des contreforts, des treuils, des piliers, tout autour.


Les maçons, les tailleurs de pierre, les verriers,
Allaient et venaient dans ce chantier gigantesque,
Dérisoires fourmis, laborieux carriers,
Echafaudant, sans fin, ce monument grotesque.


Et la tour monta, jusqu’aux cieux, jusqu’au soleil,
Jusqu’à Dieu même qui, sortant de son sommeil,
S’épouvanta de cet édifice incongru.


Les hommes, depuis lors, ne se comprennent plus,
Et la Tour, l’orgueilleuse Tour aux mille étages,
Penche, inachevée, au milieu du paysage.

                                                          Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 116 x 160 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

    

     Les Chasseurs dans la Neige

Des montagnes, des pics montraient leurs cimes blanches.
Des oiseaux passaient, traversant le ciel couvert.
La neige s’étalait sur le sol, sur les branches.
Il faisait froid, il faisait sec. C’était l’hiver.


Les cieux paraissaient gris, et ternes, comme obscurs.
Partout, la neige avait posé son blanc manteau.
Sur l’étang circulaient des hommes, des traîneaux,
Qui glissaient, calmement, dans le silence pur.


Les chasseurs revenaient, portant de longs bâtons.
Leurs bottes s’enfonçaient dans la neige soyeuse ;
Suivaient les chiens, trottant, reniflant chaque tronc.


Ce soir, assis devant les flammes bienheureuses,
Ils chaufferont leurs pieds glacés, puis, sur leurs sièges,
S’assoupiront, pendant que tombera la neige.

                                                           Jean-Paul Labaisse 1995.

 

Huile sur bois, 117 x 162 cm
Kunsthistorisches Museum,Vienne

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24/05/2006

Bosch

Bosch, jardin plein de fruits et de fraises énormes,
Ondines et baigneurs qui se pâment sur l’eau,
Des fours, des feux, sans fin, d’absurdes animaux,
Lézards, guivres, dragons, rats, hybrides difformes.

 

           L'Enfer

 

Ils sont cent, ils sont mille, ils sont des millions
A cuire dans les fours de ce puant cloaque ;
Partout, des fleuves de sang, de fétides flaques,
Des flammes et des feux, le fer en fusion !


Ici, un homme est dévoré par des cerbères ;
Là, un bougre se bat contre une truie, en rut.
Ce pécheur est lié à un énorme luth ;
A cet autre, on a mis une flûte, au derrière...


Ecrasant les corps, s’avance un char de bataille,
Formé de deux oreilles, et d’un grand couteau,
Qui découpe les chairs, déchire les entrailles.


Assis sur un cabinet, un horrible oiseau
Avale bras et troncs, s’empiffre, goulûment,
Pendant que se remplit une mer d’excréments.

                                                               Jean-Paul Labaisse 1997.

 

L'Enfer, aile droite du "Jardin des Plaisirs"
Huile sur bois, 220 x 97 cm
Museo del Prado, Madrid

 

 

 

         Le Jardin des Plaisirs

 

C’est un jardin rempli de succulentes choses,
Avec des fleurs, des fruits, des étangs, des rivières,
Des parfums entêtants, des musiques légères,
Et des fraises offrant leurs chairs douces et roses.


Ils vont, ils vaquent, innombrables, indécents,
Hommes et femmes mélangés dans l’herbe grasse ;
Ils se touchent, se pâment, s’embrassent, s’enlacent,
Et font des jeux qui ne semblent pas innocents...


Dans l’eau du ruisseau, elles nagent, toutes belles...
On aperçoit leurs longs cheveux, leurs formes blanches,
Leurs seins délicieux, leurs ventres doux, leurs hanches...


D’étranges cavaliers caracolent près d’elles,
Et tournent, tournent, sans fin, sur leurs étalons,
Qui piaffent, hennissent, poussent d’énormes bonds.

                                                             Jean-Paul Labaisse 1997.


Le Jardin des Plaisirs, panneau central
Huile sur bois, 220 x 195 cm
Museo del Prado, Madrid

 

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Les Epoux Arnolfini (Van Eyck)

          Les Epoux Arnolfini


                                   d’après Van Eyck


Ils se tiennent la main, debout devant le lit.
Il porte un long manteau soyeux, bordé d’hermine ;
Elle a sa robe verte, avec plis et surplis,
Une coiffe blanche et chaste, en dentelle fine.


Solennel, il étend le bras, mine hautaine ;
Elle a mis la main sur son ventre, déjà rond.
Il paraît sévère ; elle a un air doux et bon.
Ils sont jeunes époux, depuis une heure à peine.


A leurs pieds se tient un petit chien, tout joyeux,
Le poil lisse et lustré, les yeux malicieux,
Qui remue la queue, et que l’on entend gémir.


Dans le fond trône, immense, un lit à baldaquin
- Et ce sera bien bon, de s’en aller dormir,
En ses draps parfumés, sur de moelleux coussins !

                                                            Jean-Paul Labaisse 1996.

 

Détrempe à la résine sur bois, 82 x 60 cm
National Gallery, Londres

 

22:51 Écrit par Jean-Paul dans Tableaux d'une Exposition | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |