15/12/2017

A l'Ecole

À l’École



Nous étions quatre enfants dans une seule classe ;
Marie-Anne inclinait sa tête aux boucles blondes,
Bleuissant le papier de belles lettres rondes ;
Mes frères, dans le fond, bavardaient à voix basse.


J’écoutais la maîtresse, et sa douce voix lasse,
Nous parler du Congo, nous décrire le monde ;
Mon index s’égarait sur une mappemonde,
Trouvant les Galápagos et les Bahamas…


Très fier, j’effectuais mes premières lectures,
Découvrant le calcul et l’ivresse des nombres…
Scribe calligraphiste à la gauche écriture,


Mes doigts bleus étalaient l’encre brillante et sombre, 
Dans des cahiers épais que je couvrais de lignes,
Jardins de mots, forêts de lettres et de signes !

 

décembre 2017.

 

 

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Michel, Philippe, Maman, Marie-Anne, et moi, à Mutshatsha,
vers 1966, époque de ma 1ère année..

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02/11/2017

Dis-moi

Dis-moi

 

 

Dis-moi, dame aux cheveux gris,
Ton existence d’avant,
Ses bonheurs dont tu souris
- Ton visage est émouvant.


Sais-tu l’amour – le vrai – dis ?
Te souviens-tu des enfants
Dont tu fus le paradis ?
- Entends leurs cris triomphants !


Tu flânais, l’après-midi,
Sous le soleil du printemps,
Et dans le ciel attiédi
Filaient des oiseaux chantants.


Revois-tu les fleurs, les fruits,
Les beaux vergers opulents,
Les jardins bordés de buis,
Chère dame aux cheveux blancs ?


Le foin remplit les greniers,
Et les pommes les paniers ;
Les feuilles jonchent les cours.


De l’eau brille dans ton œil,
Larmes d’hiver et de deuil,
Ru discret suivant son cours…


Les saisons puis les années
Ont défilé, sans retour
- Combien de roses fanées,


Dis-moi ? C’est la fin du jour,
Les ombres  vont s’effacer…
- As-tu peur de nous laisser ?



Jean-Paul Labaisse
1981 - 2017.

 

 

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Balthasar Denner (1685 - 1747)
Portrait d'une vieille femme.

 

 

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Christian Seybold (1695-1768)
Portrait d'une vieille femme à l'écharpe verte.

 

21:52 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Sur la Plage

Sur la Plage

 

Je marchais sur la plage enveloppée de brume.
Malia disparaissait dans ce monde irréel.
Sur l’horizon, la mer se mélangeait au ciel.
Des vagues, à mes pieds, déposaient de l’écume.


Très loin, j’apercevais une forme bizarre :
Était-ce une bouée, un navire perdu,
Une île, un animal, monstre au cou distendu ?
Le chien aboyait, puis filait dans le brouillard.


La lune diffusait sa pâle clarté d’ambre ;
Des lumières naissaient, lampes, phares, étoiles,
Luisant sur la mer grise et dans le ciel opale,


Entre le jour blafard et la nuit de décembre. 
La brise sur les flots chuchotait son refrain,
Cantilène, ballade au murmure incertain...

 
Le Coq, 
décembre 2016.

 

 

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23/10/2017

Parrain Tracteur

Parrain Tracteur

 

à mon grand-père, disparu en 1996.

 

Au début de l'été, quand je rentrais d'Afrique,
Je dormais chez Grand-père, en ces moments heureux ;
Sa ferme se cachait au bout d’un chemin creux,
Endroit calme et secret, quelque part en Belgique.


Trônant sur son tracteur, tel un roi magnifique,
Il moissonnait et moi, petit garçon chanceux,
Je rangeais les ballots en faisant de mon mieux ;
Un moineau chapardait, voleur acrobatique...


Dans les prés ruminaient des animaux magiques,
Aux flancs tachés de noir, le museau tout baveux,
Tondant l'herbe, le pis gonflé de lait mousseux,
Vaches que je trouvais ô combien sympathiques !


Quand j’entrais dans la grange, aux sombres murs de briques,
Mes frères surgissaient, poussant des cris affreux,
Me poursuivaient – le foin volait dans nos cheveux !
La clarté descendait du toit en rais obliques.


Je partais dans les bois avec Parrain Tracteur,
Observant les bourdons ivres, les libellules,
Les frais coquelicots dans leurs robes de tulles.


Nous marchions dans les champs, cueillant la moindre fleur,
Pissenlits, boutons d'or, liserons, pâquerettes ; 
Dans les blés mûrs chantaient de douces alouettes.


Grand-père allait, le front caressé par le vent,
Ses doigts longs et calleux tenant ma main d’enfant ;
Les épis frémissaient, houle blonde et tranquille.


Tes yeux se sont fermés, par un calme matin ;
Mais je te vois toujours, silhouette fragile,
Dans la lumière et l’ombre, à la fin du chemin.

 

septembre 2017.

 

 

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 Bon-Papa Alfred, ou Parrain Tracteur, photographié chez Maman.

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La ferme de "parrain Tracteur", vue d'avion.
On distingue la brasserie (en haut à gauche), la grange (à gauche),
le corps de logis (au centre), les écuries et les étables (à droite),
la porcherie (en bas, à droite)

 

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photo prise à Jersey, en 2010

 

 

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19/10/2017

Westende

Westende

 

Tous les ans, en juillet, nous allions à Westende,
Village sommeillant dans les dunes du Nord ;
On voyait les bateaux qui regagnaient le port,
Des voiliers, des cargos voguant vers la Zélande.


Derrière un coupe-vent s’installait notre bande,
Mes parents, mes cousins, mes sœurs, Parrain Victor ;
Mes frères bâtissaient un gigantesque fort !
J’observais la fumée de la malle d’Ostende.


Le soleil scintillait sur la cité flamande,
Et le sable si clair brillait, poussière d’or !
On devinait au loin la jetée de Nieuport,
Les bunkers oubliés de l’armée allemande.


La bouche barbouillée de brun, mine gourmande,
Un enfant savourait sa crêpe au Pastador ;
Sur la plage courait un jeune labrador,
Parmi les épagneuls, les bergers de Hollande.
 

Grand-père somnolait, assis dans son fauteuil ;
Un bob sur les cheveux, nous surveillant d’un œil,
Papa lisait Le Soir et La Libre Belgique.


Sous un parasol bleu se prélassait Tonton ;
Et moi, je découvrais Tintin en Amérique,
Le journal de Spirou, les gaffes de Gaston…


D’un sac, Maman sortait des biscuits, des galettes ;
Ma tante découpait un énorme gâteau,
Et chacun se battait pour le plus gros morceau !


Sur le sable mouillé s’endormaient les mouettes ;
J’avançais sur la grève et je flânais, rêvant,
Bercé par la chanson des vagues et du vent…


octobre 2017.

 

 

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Les dunes de Westende


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Véronique et Marie-Anne, à Westende

 

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Philippe et Michel... ils ont bien changé !

 

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Marie-Anne, en 1960, âgée de quelques mois...

 

 

 

 

 

 

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La Petite Soeur

La petite Sœur



Elle a de grands yeux bruns et verts, le front hâlé,
Des cheveux blonds et fins, une peau toute douce…
C’est un bébé de deux ans, gentille frimousse,
Bouche qui s'ouvre un peu, bras blancs et potelés.


La petite sœur se tient dans le poulailler,
Au milieu des poussins, des dindons qui gloussent,
Portant fièrement une poule blanche et rousse,
Qu'elle serre bien fort, puis laisse s'en aller...


Voilà qu'elle sommeille, yeux clos, lèvres ouvertes,
Allongée au milieu de ses nombreux doudous,
Serrant contre son cœur sa souris rose et verte.


Je me glisse près d’elle et dépose un bisou
Dans son cou, qui sent bon le savon et le frais,
Parfum doux d'un enfant, aux composants secrets…

 

juillet 2017.

 

 

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Véronique, à Mutshatsha, vers 1964, 1965.


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28/09/2017

Coucher de Soleil en Zélande



 



Coucher de Soleil en Zélande

 



Le soleil se couchait doucement sur la mer ;
On voyait des voiliers, de blanches goélettes,
Des chalutiers montrant leurs sombres silhouettes,
Des cargos aux flancs bruns, des porte-containers.
 
 
Effleurant les poteaux, les buissons, les flots verts,
Un vent léger soufflait une frêle ariette ;
Sur le sable mouillé se posaient des mouettes,
Marchant à petits pas sur l’estran découvert.
 
  
La plage était déserte, aucun homme, aucune âme... 
Les goélands criaient sur les noirs brise-lames,
Puis s'échappaient soudain dans le ciel amarante.


Les vagues chuchotaient leur chanson indécise,
Déposant sur la grève une caresse aimante,
Embruns, baisers d'écume emportés par la brise…

 


Jean-Paul Labaisse, Zoutelande
septembre 2015, juillet 2017.

 



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photos de Fabienne Corthals, à Zoutelande, septembre 2015.

 

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photos prises à Dishoek, juillet 2017. 

 

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14/09/2017

Tuma Mashua

Tuma Mashua

 

 

à mon père

 

 

C’est un monstre luisant, dont la soif ne s’étanche
Jamais, un buffle énorme, un dragon, un pur-sang
Sur le point de bondir, le souffle menaçant…
De ses naseaux en feu sort de la fumée blanche.


Les quais sont pleins de monde, en ce radieux dimanche.
Moi, j’ai escaladé cet étrange éléphant,
Dont je suis le cornac fragile et triomphant,
Le dos droit, le regard fier, les poings sur les hanches…


À mes côtés, papa fait signe au conducteur ;
Un sifflet retentit et la bête indomptable
S’ébroue, frissonne, tend ses muscles formidables !


De sa tête jaillit une épaisse vapeur,
Et le monstre s’ébranle en gémissant, s’élance,
M’emportant loin, très loin, dans le Congo immense.

 

juillet 2017.

 

Tuma Mashua : démarrez la machine (swahili)

 

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22:42 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/07/2017

Maïs et Makala

Maïs et Makala



à Philippe et à Michel

 


Je pars dans la savane, avec mes deux grands frères ;
Nous prenons nos vélos, nos sacs, nos casse-croûte,
Et nous voilà lancés sur les mauvaises routes,
Explorateurs d’un jour, cyclistes téméraires !


Autour de nous, des champs immenses de maïs,
Dont bruissent doucement les plants hauts et verts ;
Nous cueillons des épis bien mûrs, le grain offert…
Le soleil fait briller nos cheveux blonds et lisses.


Le soir, les bras brûlés, nous rentrons de la brousse ;
À coté de piments et de patates douces,
Nous grillons le maïs sur du charbon de bois.


Nous mangeons ce festin avec des kalangas,
Buvant de la Tembo… et nous sommes des rois,
Bienheureux, dans la nuit chaude du Katanga.



juillet 2017.

 


makala : charbon de bois (swahili)
kalangas : arachides
la bière Tembo (tembo = éléphant) est très répandue au Congo
Katanga : Province de la République Démocratique du Congo

 

 

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27/07/2017

La Balançoire

 

La Balançoire



à Fabienne



Elle a de beaux cheveux brillants et ondulés,
Retombant dans son dos en longues mèches rousses,
Des yeux ni bruns, ni verts, d’or et d'ambre mêlés,
Un béret blanc et bleu, comme en portent les mousses !


Elle avance prudemment sur ses jambes courtes,
Puis trébuche soudain, le pied gauche accroché
Par un caillou sournois ! Elle poursuit sa route,
Sans pleurer, bosse au front et genou écorché.


Chaque dimanche, elle joue sur sa balançoire,
S’inventant tranquillement de belles histoires ;
Un rai de soleil luit sur ses cheveux de cuivre.


Elle va et vient, très haut, elle rit, comme ivre,
Monte toujours, devient papillon, hirondelle,
Et s’enfuit dans le ciel de l’été, d’un coup d’aile !


juillet 2017.

 

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25/07/2017

Dans la Brousse

Dans la Brousse



Nous étions deux enfants, yeux bleus et mèches blondes.
Quand nos parents dormaient, nous allions dans la brousse,
Chassant les biloulous, piétinant l'herbe rousse,
Tels des explorateurs devant le Nouveau Monde !


Joyeux, nous observions d'innombrables termites,
Des lézards, des bourdons tourbillonnant, comme ivres.
Nous trouvions de fameux cailloux, luisants de cuivre,
Striés de vert et d'or... Émeraudes, pépites ?


J'avais six ans ; ma sœur s'appelait Marie-Anne.
Nous étions si heureux, au cœur de la savane !
Des mange-mil folâtraient dans le ciel immense.


Nous écoutions chanter des cigales lointaines,
Et nous avancions, le petit prince et sa reine,
Dans la brousse sans fin, jardin de notre enfance.

 

juin 2017.


biloulou : insecte (swahili)
mange-mil : petit passereau d'Afrique Subsaharienne, au nom évocateur

 

 

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Moi et Marie-Anne, à Mutshatsha, vers 1966-67

 

 

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Moi et Marie-Anne... Je n'ai que quelques mois !

 

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17/06/2017

La Chute

 

La Chute



C’est un ru qui frissonne au fond d’un val obscur,
Faiblement éclairé par des rayons de lune.
Lancé en plein élan, je tombe dans l’eau brune,
Fracassant mon genou sur l’arête d’un mur.


Les habits pleins de boue, je sors de ce ruisseau.
Ma jambe n’est plus droite et fait un angle étrange…
Tout dort, dans la forêt, écureuils, faons, mésanges.
Une douleur affreuse inonde mon cerveau.


Je pleure, gémis, crie… Personne ne répond !
Je suis seul, dans ce bois désert et silencieux…
Vais-je croupir ici, dans ce ravin fangeux ?


J’entends soudain un chien qui jappe, sur le pont,
Un son de voix lointain, des pas qui se rapprochent,
Et j’aperçois enfin la lueur d’une torche…



mai 2017.

 

 

 

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L'étang du Fer à Cheval

 

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Le ravin où je suis tombé, et le parapet qui a fracassé mon genou...

 

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13/04/2017

Le Héron

Le Héron



Je suis un échassier d'une espèce nouvelle :
Sur une seule jambe, en équilibre instable,
J'avance prudemment, lente grue demoiselle,
Évitant les tapis sournois, les pieds de table,
 

Pauvre héron juché sur ses longues béquilles,
Je ressemble si peu à ce bel
oiseau grêle ;
Sur mes pattes d'acier, je tangue, je sautille,
Regrettant seulement de ne pas avoir d'ailes...


Je me traîne, flamant géant, vers mon fauteuil,
Petit nid tout confort où m'attendent des livres,
Des journaux, les coffrets qu'Amazon me délivre.


À la vitre, je vois bondir un écureuil,
Semblant narguer, l’oeil vif, les oreilles dressées,
Ce curieux volatile à la patte cassée.



Jean-Paul Labaisse, mars 2017.
poème inspiré par mon immobilisation forcée
du 7 février au 20 mars,
suite à une opération du genou.

 

 

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23/11/2016

Dans la Forêt

Dans la Forêt
 


Les feuilles jonchaient le sol, jaunes, brunes, rousses.
Sur le bois désert tombait une brume blanche,
Habillant d’un manteau les buissons et les branches.
On respirait un parfum d’humus et de mousse.


Je marchais tranquillement dans ce monde en deuil,
Et mes bottes s’enfonçaient dans la terre humide.
Devant moi furetait Malia, chienne intrépide,
Reniflant les troncs, poursuivant les écureuils.


Le sentier descendait, montait, tournait sans fin,
Suivait le cours d’un ruisseau, longeait un ravin.
On devinait, plus bas, un étang invisible.


Un petit pont semblait flotter sur l’eau paisible,
Et moi, je me perdais au sein de ce brouillard,
Heureux, n’espérant pas arriver quelque part…

 

  Jean-Paul Labaisse
  21 novembre 2016.

 

 

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Etang du Fer à Cheval

 

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Drève des Enfants Noyés

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23/05/2016

Neuf heures onze

Neuf heures onze

 


à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.

 


Dans le métro bondé, c’était l’heure du rush ;
Des cadres consultaient leurs mails sur des tablettes,
Un grand adolescent jouait à Candy Crush,
Un retraité lisait calmement sa gazette.


Mérode, Pétillon, Montgomery, Schumann…
Tous ces noms surgissaient dans le noir des tunnels.
Cette femme écoutait un morceau de Goldman,
Ce garçon fredonnait une chanson d’Adèle…


Et soudain, un grand bruit, une grande lumière,
Des corps sans vie couchés dans les éclats de verre,
Des visages sanglants au milieu des décombres.


Dispersés sur le sol, GSM et Smartphones
S’allument, vibrent longuement, clignotent, sonnent,
Puis s’éteignent, dans le silence et la pénombre…

 


22 mai 2016.

 

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07/04/2016

Sept heures cinquante-huit

Sept heures cinquante-huit

 

à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.

 

 

Ils étaient arrivés tôt à l’aéroport.
Istanbul, Kinshasa, Madrid, Washington, Londres…
Tous ces noms défilaient, changeaient dans la seconde.
Ils tenaient à la main visas et passeports.


L’un apercevait déjà la cité d’Angkor,
Cet étudiant partait à l’autre bout du monde,
Celle-ci s’endormait, tranquille, au bord de l’onde,
Cet homme rejoignait son épouse à Francfort.


Mais ils ne verront pas les lagons et les plages,
La lumière du soir sur les temples magiques,
Ils ne sentiront plus les parfums de l’Afrique.


Ils sont couchés sur le sol, près de leurs bagages,
Le visage éclairé par un soleil timide,
Et leurs passeports ont glissé de leurs mains vides...

 


29 mars 2016.

 

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L'oiseau du Ciel, de René Magritte, qui fut longtemps
l'emblème de la Sabena, compagnie d'aviation nationale belge

 

 

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Bruxelles

Bruxelles

 

à la mémoire des nombreuses victimes
des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.
Pourquoi tant de haine et d'intolérance ?

 

Le soleil se levait doucement sur Bruxelles.
Des amoureux s’embrassaient place de Brouckère ;
Au Mont des Arts chantaient des pinsons et des merles ;
Un vieillard somnolait sur un banc, solitaire.



Le soleil brillait et Bruxelles était si belle !
L’hôtel de ville scintillait sous la lumière,
Et l’on apercevait l’archange Saint-Michel
Terrassant le dragon de son épée de fer.



Mais des nuages noirs ont brusquement paru,
Obscurcissant le ciel et voilant le soleil.
Les amoureux ont fui, les oiseaux se sont tus…



Sur la Grand-Place s’écoule un ruisseau vermeil.
Saint-Michel, là-haut, verse des larmes amères
Qui tombent doucement sur les statues de pierre.

 


24 mars 2016.

 

Une version musicale du poème se trouve sur le site
 escapade poétique et musicale (merci à Automnale  et Jean-Marie)

 

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Saint-Michel terrassant le dragon,
au sommet de l'hôtel de ville de Bruxelles

 

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  Prudentia, une des statues du portail de l'hôtel de ville

 

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L'émouvant hommage de Plantu dans le journal le monde



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Photo prise ce 25 mars à midi, place de la Bourse...  

 

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25 mars à midi
 

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 L'hommage rendu aux victimes, le 23 mars, place de la Bourse 

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31/10/2015

Au Bois de la Cambre

 

Au Bois de la Cambre

 

 

C’est un bel après-midi au bois de la Cambre ;
Sur le gazon bien vert bronzent des jeunes gens,
Des filles profitant du soleil de septembre,
Des garçons torse nu, le sourire engageant.


On aperçoit des chiens qui gambadent gaiement,
Des bouts d’choux essayant de tenir sur leurs jambes,
Puis trébuchant dans l’herbe – aussitôt la maman
Console le bambin d’un bisou sur la tempe !


Dérivent sur le lac de paresseuses barques ;
 
Des canards, en famille, avancent dans l’eau grise.
Et moi, tranquillement, je me promène au parc,


Je retiens Malia qui, la truffe dans la brise,
Hume mille senteurs, renifle troncs et feuilles,
Faisant s’enfuir les vifs et gracieux écureuils.

 


Jean-Paul Labaisse, octobre 2015.

 

 

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copyright http://www.brusselspictures.com

 

 

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29/10/2015

Fabienne

 

Fabienne

 


 à la femme de ma vie…

 

 

Elle a les cheveux bruns et drus, de jolis yeux
Aux reflets verts – sont-ils marrons ou bien dorés ?
Une bouche petite et le menton carré,
Des mains à la peau douce, des poignets gracieux.


Dans le salon amoureusement décoré,
Elle a mis quantité de bibelots précieux,
Des statues, des bouddhas, des masques mystérieux,
Des éléphants en bois, des chameaux colorés.


Elle aime voyager, Europe, Asie, Afrique,
Découvrant Bangkok, Fès, la mer Adriatique,
S’égarant dans les rues d’immenses capitales…


Petit Poucet heureux, elle envoie dans le monde
Des billets charmants et joyeux, cartes postales
Qu’elle remplit de sa belle écriture ronde !

 

 

Jean-Paul Labaisse, 26 octobre 2015.

 

 

 

 

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Dans le Ciel

 

Dans le Ciel

 
 
d’après Beams, de Paul Verlaine

 
 

Elle voulut aller sur la voûte des cieux ;
Comme le vent soufflait et montait vers les nues,
Nous suivîmes gaiement cette belle inconnue,
Et nous voilà sur les chemins vertigineux.


Le soleil luisait haut dans le ciel transparent,
Et faisait scintiller sa chevelure blonde ;
Nous avancions, joyeux, loin des hommes du monde,
Qui semblaient si petits dans l’espace si grand !


Des oiseaux étonnés volaient autour de nous,
Des avions blancs filaient au-dessus de nos têtes,
Et nous suivions toujours cette blanche comète,
Humant dans son sillage un parfum vert et doux.


Elle se retourna, montrant son beau visage,
Se demandant peut-être où se trouvaient nos ailes ?
Mais nous voyant heureux d’être au ciel avec elle,
Elle reprit sa route au milieu des nuages.

 


Jean-Paul Labaisse, septembre 2015.

 

 

 

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Malia

 

Malia

  

 

Elle me regardait, de ses bons yeux tranquilles,

Lovée sur les coussins de son moelleux fauteuil, 
Le corps bien installé, les pattes immobiles,
Disant, à sa façon : toi, je te tiens à l’œil !


Elle inclinait vers la rue son museau gracile,
Observant, à travers les branches et les feuilles,

Les gens suivis de chiens joyeux et indociles, 
Le vol d’un étourneau, les bonds d’un écureuil.



Parfois, elle penchait sa tête rousse et blanche,
Humant l’air de sa truffe, agitant une oreille ;
Son poil semblait de cuivre et d'or dans le soleil. 


Elle tournait vers moi, en ce calme dimanche,
Ses grands yeux bruns bordés de noir, ses beaux yeux d’ambre,
Attendant sa promenade au bois de la Cambre.

  
Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

 

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22:17 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La Chatte

 

La Chatte

 
 
à la mémoire de Puce

 

Elle était blanche et noire avec de grands yeux verts,
Et se tenait devant la fenêtre, immobile,
Observant calmement notre monde futile,
Les passants qui filaient, le parapluie ouvert.


La neige enveloppait doucement l’univers
D’un fin manteau fondant sur les pavés humides ;
La chatte regardait fuir ces formes livides,
Et les phares brillaient dans le froid de l’hiver.
 
 
Elle était bien au chaud derrière la fenêtre,
S’étonnant de ce triste et singulier cortège,
De ces gens qui peinaient dans la pluie et la neige…


La chatte se blottit dans les bras de son maître,
Bienheureuse, clignant ses yeux verts et limpides,
Ses grands yeux remplis d’or et de jade liquides.

 

 

Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

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14/09/2014

Mutshatsha

Mutshatsha            

 

C’est un poste de brousse au fond du Katanga,
Quelques maisons le long d’une route sans vie,
Le sol rouge strié de noir, l'herbe jaunie,
Le ciel démesuré… Ici, c’est Mutshatsha.


La gare semble vide, on voit des wagons plats,
Des quais déserts, des trains et des locomotives,
Qui porteront demain le cobalt et le cuivre
Vers Lobito, vers l’Atlantique et l’Angola…


J’ai quitté le chemin et je marche au hasard,
Tranquille, j’aperçois des fourmis, des lézards,
De légers papillons montrant leurs ailes blanches.


Je respire la bonne odeur du bois brûlé,
J’écoute frissonner les feuilles et les branches,
Et je m’endors blotti près d’un arbre isolé…

 

                                        septembre 2014.

 

                                                             

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16:01 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/09/2014

Rayon d'Hiver

Rayon d’Hiver




Rappelle-toi, Maman, ferme un instant les yeux…
Ton départ au Congo, lointaine colonie,
La venue des enfants et leurs rires joyeux…
Combien de temps, déjà, combien de décennies ?


Maman, prononces-tu parfois ces noms magiques,
Port-Francqui, Mutshatsha, Likasi, Bukavu ?
Rappelle-toi ces fruits et ces fleurs magnifiques,
L’ocre du Katanga, le bleu du lac Kivu…


Mais l’Afrique pâlit lentement, comme un rêve
Qui s’évapore et fuit quand le soleil se lève,
Un livre un peu étrange aux pages effacées…


Dors tranquille, Maman… Par la vitre glacée,
Un rayon tendre et doux effleure tes paupières,
Et pose sur ton front un baiser de lumière…

 

                                                 septembre 2014,
                                                 80ème anniversaire de Maman.

 

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06/06/2011

Un Endroit tranquille

 

Un Endroit tranquille




C’est un endroit tranquille où chuchotent les arbres,
Où chantent doucement des oiseaux invisibles ;
Le soleil fait briller les pierres et les marbres,
Et réchauffe ceux qui sont couchés là, paisibles.


C’est un lieu de silence, à l’écart de la route,
Que bornent de hauts murs envahis par la mousse ;
On y flâne, on s’y perd, on rêve un peu, on doute…
Dormirons-nous demain sous cette herbe si douce ?


Je lis ce nom inscrit à jamais sur la pierre,

Jean Labaisse, ces deux dates froides et vaines…
Combien de jours heureux, dis-moi, combien de peines ?
 

Tu reposes ici, tranquille, toi mon père,
Dans cet endroit secret où chantent les oiseaux,
Dans ce lit de terre aussi tendre qu’un berceau.



Juin 2011.

 

 

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31/10/2010

Brise de Nuit

Brise de Nuit





Je ne toucherai plus ta main aux doigts fragiles,
Je ne verrai plus le bleu de tes yeux limpides,
Tes beaux cheveux d’argent, ton visage et tes rides,
Non, je n’entendrai plus ta voix chaude et tranquille…


Désormais, la maison semble bien grande et vide,
Et ton bureau est plein d’une pénombre grise ;
Près de ton vieux fauteuil, on sent comme une brise
Qui passe doucement, soupir faible et timide.


Sur le jardin rempli de fleurs à peine écloses
Souffle un zéphyr secret, une haleine embaumée
Qui berce les buissons, les arbres et les roses.


Je marche dans la nuit paisible et parfumée,
Et je sens dans mon dos que s’approchent des pas,
Et j’entends une voix qui me parle tout bas…


à la mémoire de mon père,
décédé le 11 août 2010.

 

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11:41 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

14/06/2008

Oiseaux Tristes

  

"Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l'espace"

Les Enfants de Septembre,
Patrice de la Tour du Pin
    

 

         

               Oiseaux Tristes


 

     Ce sont des enfants qui dorment, tristes et doux,
     Et leurs yeux sont remplis de choses qui scintillent,
     Et leurs bras sont ouverts, ils se tournent vers vous,
     Comme de petits chiens, perdus, et sans famille.


     Ce sont des enfants qui passent, et qui s'en vont,
     Sans pleurer, sans un cri, parmi les jardins vides,
     Et ce sont des oiseaux tristes, aux cheveux blonds,
     Qui volent, doucement, près des soleils limpides.


     Ce sont des enfants morts, et leurs yeux sont éteints,
     Et leurs bras sont fermés, ils sont comme des anges
     Que l'on distingue, à l'aube, en un rêve incertain,
     Rempli de parfums doux, et de saveurs étranges.


     Ce sont des enfants qui ne savent plus dormir,
     Et qui vont, dans la nuit, sans pleurer, immobiles,
     Et ce sont des oiseaux que l'on entend gémir,
     A l'aube, doucement, dans les jardins tranquilles.


                             à la mémoire de S.
                             mai 1991
                             Jean-Paul Labaisse
    


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