13/04/2017

Le Héron

Le Héron



Je suis un échassier d'une espèce nouvelle :
Sur une seule jambe, en équilibre instable,
J'avance prudemment, lente grue demoiselle,
Évitant les tapis sournois, les pieds de table,
 

Pauvre héron juché sur ses longues béquilles,
Je ressemble si peu à ce bel
oiseau grêle ;
Sur mes pattes d'acier, je tangue, je sautille,
Regrettant seulement de ne pas avoir d'ailes...


Je me traîne, flamant géant, vers mon fauteuil,
Petit nid tout confort où m'attendent des livres,
Des journaux, les coffrets qu'Amazon me délivre.


À la vitre, je vois bondir un écureuil,
Semblant narguer, l’oeil vif, les oreilles dressées,
Ce curieux volatile à la patte cassée.



Jean-Paul Labaisse, mars 2017.
poème inspiré par mon immobilisation forcée
du 7 février au 20 mars,
suite à une opération du genou.

 

 

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20:03 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2017

Sur la Plage

Sur la Plage

 

Je marchais sur la plage enveloppée de brume.
Malia disparaissait dans ce monde irréel.
Sur l’horizon, la mer se mélangeait au ciel.
Des vagues, à mes pieds, déposaient de l’écume.


Très loin, j’apercevais une forme bizarre :
Était-ce une bouée, un navire perdu,
Une île, un animal ? Sur ce monstre inconnu,
Le chien aboyait, puis filait dans le brouillard.


Des lumières s’allumaient, lampes ou étoiles,
Luisant sur la mer grise et dans le ciel opale,
Entre le jour et la nuit froide de décembre…


La lune diffusait sa pâle clarté d’ambre.
Et moi, j’allais tranquillement, le regard vague,
Bercé par la chanson douce et triste des vagues.

 
 décembre 2016.

 

 

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21:08 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2016

Dans la Forêt

Dans la Forêt
 


Les feuilles jonchaient le sol, jaunes, brunes, rousses.
Sur le bois désert tombait une brume blanche,
Habillant d’un manteau les buissons et les branches.
On respirait un parfum d’humus et de mousse.


Je marchais tranquillement dans ce monde en deuil,
Et mes bottes s’enfonçaient dans la terre humide.
Devant moi furetait Malia, chienne intrépide,
Reniflant les troncs, poursuivant les écureuils.


Le sentier descendait, montait, tournait sans fin,
Suivait le cours d’un ruisseau, longeait un ravin.
On devinait, plus bas, un étang invisible.


Un petit pont semblait flotter sur l’eau paisible,
Et moi, je me perdais au sein de ce brouillard,
Heureux, n’espérant pas arriver quelque part…

 

  Jean-Paul Labaisse
  21 novembre 2016.

 

 

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Etang du Fer à Cheval

 

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Drève des Enfants Noyés

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23/05/2016

Neuf heures onze

Neuf heures onze

 


à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.

 


Dans le métro bondé, c’était l’heure du rush ;
Des cadres consultaient leurs mails sur des tablettes,
Un grand adolescent jouait à Candy Crush,
Un retraité lisait calmement sa gazette.


Mérode, Pétillon, Montgomery, Schumann…
Tous ces noms surgissaient dans le noir des tunnels.
Cette femme écoutait un morceau de Goldman,
Ce garçon fredonnait une chanson d’Adèle…


Et soudain, un grand bruit, une grande lumière,
Des corps sans vie couchés dans les éclats de verre,
Des visages sanglants au milieu des décombres.


Dispersés sur le sol, GSM et Smartphones
S’allument, vibrent longuement, clignotent, sonnent,
Puis s’éteignent, dans le silence et la pénombre…

 


22 mai 2016.

 

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07/04/2016

Sept heures cinquante-huit

Sept heures cinquante-huit

 

à la mémoire des victimes des attentats
 de Bruxelles du 22 mars 2016.

 

 

Ils étaient arrivés tôt à l’aéroport.
Istanbul, Kinshasa, Madrid, Washington, Londres…
Tous ces noms défilaient, changeaient dans la seconde.
Ils tenaient à la main visas et passeports.


L’un apercevait déjà la cité d’Angkor,
Cet étudiant partait à l’autre bout du monde,
Celle-ci s’endormait, tranquille, au bord de l’onde,
Cet homme rejoignait son épouse à Francfort.


Mais ils ne verront pas les lagons et les plages,
La lumière du soir sur les temples magiques,
Ils ne sentiront plus les parfums de l’Afrique.


Ils sont couchés sur le sol, près de leurs bagages,
Le visage éclairé par un soleil timide,
Et leurs passeports ont glissé de leurs mains vides...

 


29 mars 2016.

 

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L'oiseau du Ciel, de René Magritte, qui fut longtemps
l'emblème de la Sabena, compagnie d'aviation nationale belge

 

 

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22:50 Écrit par Jean-Paul dans Poèmes Intimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Bruxelles

Bruxelles

 

à la mémoire des nombreuses victimes
des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.
Pourquoi tant de haine et d'intolérance ?

 

Le soleil se levait doucement sur Bruxelles.
Des amoureux s’embrassaient place de Brouckère ;
Au Mont des Arts chantaient des pinsons et des merles ;
Un vieillard somnolait sur un banc, solitaire.



Le soleil brillait et Bruxelles était si belle !
L’hôtel de ville scintillait sous la lumière,
Et l’on apercevait l’archange Saint-Michel
Terrassant le dragon de son épée de fer.



Mais des nuages noirs ont brusquement paru,
Obscurcissant le ciel et voilant le soleil.
Les amoureux ont fui, les oiseaux se sont tus…



Sur la Grand-Place s’écoule un ruisseau vermeil.
Saint-Michel, là-haut, verse des larmes amères
Qui tombent doucement sur les statues de pierre.

 


24 mars 2016.

 

Une version musicale du poème se trouve sur le site
 escapade poétique et musicale (merci à Automnale  et Jean-Marie)

 

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Saint-Michel terrassant le dragon,
au sommet de l'hôtel de ville de Bruxelles

 

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  Prudentia, une des statues du portail de l'hôtel de ville

 

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L'émouvant hommage de Plantu dans le journal le monde



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Photo prise ce 25 mars à midi, place de la Bourse...  

 

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25 mars à midi
 

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 L'hommage rendu aux victimes, le 23 mars, place de la Bourse 

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31/10/2015

Au Bois de la Cambre

 

Au Bois de la Cambre

 

 

C’est un bel après-midi au bois de la Cambre ;
Sur le gazon bien vert bronzent des jeunes gens,
Des filles profitant du soleil de septembre,
Des garçons torse nu, le sourire engageant.


On aperçoit des chiens qui gambadent gaiement,
Des bouts d’choux essayant de tenir sur leurs jambes,
Puis trébuchant dans l’herbe – aussitôt la maman
Console le bambin d’un bisou sur la tempe !


Dérivent sur le lac de paresseuses barques ;
 
Des canards, en famille, avancent dans l’eau grise.
Et moi, tranquillement, je me promène au parc,


Je retiens Malia qui, la truffe dans la brise,
Hume mille senteurs, renifle troncs et feuilles,
Faisant s’enfuir les vifs et gracieux écureuils.

 


Jean-Paul Labaisse, octobre 2015.

 

 

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copyright http://www.brusselspictures.com

 

 

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29/10/2015

Fabienne

 

Fabienne

 


 à la femme de ma vie…

 

 

Elle a les cheveux bruns et drus, de jolis yeux
Aux reflets verts – sont-ils marrons ou bien dorés ?
Une bouche petite et le menton carré,
Des mains à la peau douce, des poignets gracieux.


Dans le salon amoureusement décoré,
Elle a mis quantité de bibelots précieux,
Des statues, des bouddhas, des masques mystérieux,
Des éléphants en bois, des chameaux colorés.


Elle aime voyager, Europe, Asie, Afrique,
Découvrant Bangkok, Fès, la mer Adriatique,
S’égarant dans les rues d’immenses capitales…


Petit Poucet heureux, elle envoie dans le monde
Des billets charmants et joyeux, cartes postales
Qu’elle remplit de sa belle écriture ronde !

 

 

Jean-Paul Labaisse, 26 octobre 2015.

 

 

 

 

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Dans le Ciel

 

Dans le Ciel

 
 
d’après Beams, de Paul Verlaine

 
 

Elle voulut aller sur la voûte des cieux ;
Comme le vent soufflait et montait vers les nues,
Nous suivîmes gaiement cette belle inconnue,
Et nous voilà sur les chemins vertigineux.


Le soleil luisait haut dans le ciel transparent,
Et faisait scintiller sa chevelure blonde ;
Nous avancions, joyeux, loin des hommes du monde,
Qui semblaient si petits dans l’espace si grand !


Des oiseaux étonnés volaient autour de nous,
Des avions blancs filaient au-dessus de nos têtes,
Et nous suivions toujours cette blanche comète,
Humant dans son sillage un parfum vert et doux.


Elle se retourna, montrant son beau visage,
Se demandant peut-être où se trouvaient nos ailes ?
Mais nous voyant heureux d’être au ciel avec elle,
Elle reprit sa route au milieu des nuages.

 


Jean-Paul Labaisse, septembre 2015.

 

 

 

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Malia

 

Malia

  

 

Elle me regardait, de ses bons yeux tranquilles,

Lovée sur les coussins de son moelleux fauteuil, 
Le corps bien installé, les pattes immobiles,
Disant, à sa façon : toi, je te tiens à l’œil !


Elle inclinait vers la rue son museau gracile,
Observant, à travers les branches et les feuilles,

Les gens suivis de chiens joyeux et indociles, 
Le vol d’un étourneau, les bonds d’un écureuil.



Parfois, elle penchait sa tête rousse et blanche,
Humant l’air de sa truffe, agitant une oreille ;
Son poil semblait de cuivre et d'or dans le soleil. 


Elle tournait vers moi, en ce calme dimanche,
Ses grands yeux bruns bordés de noir, ses beaux yeux d’ambre,
Attendant sa promenade au bois de la Cambre.

  
Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

 

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La Chatte

 

La Chatte

 
 
à la mémoire de Puce

 

Elle était blanche et noire avec de grands yeux verts,
Et se tenait devant la fenêtre, immobile,
Observant calmement notre monde futile,
Les passants qui filaient, le parapluie ouvert.


La neige enveloppait doucement l’univers
D’un fin manteau fondant sur les pavés humides ;
La chatte regardait fuir ces formes livides,
Et les phares brillaient dans le froid de l’hiver.
 
 
Elle était bien au chaud derrière la fenêtre,
S’étonnant de ce triste et singulier cortège,
De ces gens qui peinaient dans la pluie et la neige…


La chatte se blottit dans les bras de son maître,
Bienheureuse, clignant ses yeux verts et limpides,
Ses grands yeux remplis d’or et de jade liquides.

 

 

Jean-Paul Labaisse, août 2015.

 

 

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Coucher de Soleil en Zélande

 

Coucher de Soleil en Zélande

 




Le soleil se couchait doucement sur la mer ;
On voyait des voiliers, de blanches goélettes,
Des cargos aux flancs noirs, des porte-containers,
Des chalutiers montrant leurs sombres silhouettes.


Sur le sable mouillé se posaient des mouettes,
Marchant à petits pas sur l’estran découvert ;
Un vent léger soufflait une frêle ariette
Qui s’envolait au loin sur les flots gris et verts.
 
 
Les vagues se couvraient d’or, d’argent et de cuivre ;
L'océan reflétait l’éclat de mille flammes,
Tremblant et palpitant, tels des papillons ivres.


Les goélands criaient du haut des brise-lames,
Et le soleil, joyau d’ocre et de sang zébré,
S’enfonçait lentement sous l’horizon ambré.

 


 Jean-Paul Labaisse, septembre 2015.

 

 

 

 

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photos de Fabienne Corthals, à Zoutelande

 

 

 

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14/09/2014

Mutshatsha

Mutshatsha            

 

C’est un poste de brousse au fond du Katanga,
Quelques maisons le long d’une route sans vie,
Le sol rouge strié de noir, l'herbe jaunie,
Le ciel démesuré… Ici, c’est Mutshatsha.


La gare semble vide, on voit des wagons plats,
Des quais déserts, des trains et des locomotives,
Qui porteront demain le cobalt et le cuivre
Vers Lobito, vers l’Atlantique et l’Angola…


J’ai quitté le chemin et je marche au hasard,
Tranquille, j’aperçois des fourmis, des lézards,
De légers papillons montrant leurs ailes blanches.


Je respire la bonne odeur du bois brûlé,
J’écoute frissonner les feuilles et les branches,
Et je m’endors blotti près d’un arbre isolé…

 

                                        septembre 2014.

 

                                                             

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07/09/2014

Rayon d'Hiver

Rayon d’Hiver




Rappelle-toi, Maman, ferme un instant les yeux…
Ton départ au Congo, lointaine colonie,
La venue des enfants et leurs rires joyeux…
Combien de temps, déjà, combien de décennies ?


Maman, prononces-tu parfois ces noms magiques,
Port-Francqui, Mutshatsha, Likasi, Bukavu ?
Rappelle-toi ces fruits et ces fleurs magnifiques,
L’ocre du Katanga, le bleu du lac Kivu…


Mais l’Afrique pâlit lentement, comme un rêve
Qui s’évapore et fuit quand le soleil se lève,
Un livre un peu étrange aux pages effacées…


Dors tranquille, Maman… Par la vitre glacée,
Un rayon tendre et doux effleure tes paupières,
Et pose sur ton front un baiser de lumière…

 

                                                 septembre 2014,
                                                 80ème anniversaire de Maman.

 

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06/06/2011

Un Endroit tranquille

 

Un Endroit tranquille




C’est un endroit tranquille où chuchotent les arbres,
Où chantent doucement des oiseaux invisibles ;
Le soleil fait briller les pierres et les marbres,
Et réchauffe ceux qui sont couchés là, paisibles.


C’est un lieu de silence, à l’écart de la route,
Que bornent de hauts murs envahis par la mousse ;
On y flâne, on s’y perd, on rêve un peu, on doute…
Dormirons-nous demain sous cette herbe si douce ?


Je lis ce nom inscrit à jamais sur la pierre,

Jean Labaisse, ces deux dates froides et vaines…
Combien de jours heureux, dis-moi, combien de peines ?
 

Tu reposes ici, tranquille, toi mon père,
Dans cet endroit secret où chantent les oiseaux,
Dans ce lit de terre aussi tendre qu’un berceau.



Juin 2011.

 

 

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31/10/2010

Brise de Nuit

Brise de Nuit





Je ne toucherai plus ta main aux doigts fragiles,
Je ne verrai plus le bleu de tes yeux limpides,
Tes beaux cheveux d’argent, ton visage et tes rides,
Non, je n’entendrai plus ta voix chaude et tranquille…


Désormais, la maison semble bien grande et vide,
Et ton bureau est plein d’une pénombre grise ;
Près de ton vieux fauteuil, on sent comme une brise
Qui passe doucement, soupir faible et timide.


Sur le jardin rempli de fleurs à peine écloses
Souffle un zéphyr secret, une haleine embaumée
Qui berce les buissons, les arbres et les roses.


Je marche dans la nuit paisible et parfumée,
Et je sens dans mon dos que s’approchent des pas,
Et j’entends une voix qui me parle tout bas…


à la mémoire de mon père,
décédé le 11 août 2010.

 

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14/06/2008

Oiseaux Tristes

  

"Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux ;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d'autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l'espace"

Les Enfants de Septembre,
Patrice de la Tour du Pin
    

 

         

               Oiseaux Tristes


 

     Ce sont des enfants qui dorment, tristes et doux,
     Et leurs yeux sont remplis de choses qui scintillent,
     Et leurs bras sont ouverts, ils se tournent vers vous,
     Comme de petits chiens, perdus, et sans famille.


     Ce sont des enfants qui passent, et qui s'en vont,
     Sans pleurer, sans un cri, parmi les jardins vides,
     Et ce sont des oiseaux tristes, aux cheveux blonds,
     Qui volent, doucement, près des soleils limpides.


     Ce sont des enfants morts, et leurs yeux sont éteints,
     Et leurs bras sont fermés, ils sont comme des anges
     Que l'on distingue, à l'aube, en un rêve incertain,
     Rempli de parfums doux, et de saveurs étranges.


     Ce sont des enfants qui ne savent plus dormir,
     Et qui vont, dans la nuit, sans pleurer, immobiles,
     Et ce sont des oiseaux que l'on entend gémir,
     A l'aube, doucement, dans les jardins tranquilles.


                             à la mémoire de S.
                             mai 1991
                             Jean-Paul Labaisse
    


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